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Apprendre, ça s'apprend

Le nouveau guide des formateurs en entreprises existe, Sylvie Perrinjaquet en a remis un à une directrice de home à La Sagne. Où l'on forme des ASSC Emilie Aubry a 22 ans. Dans quelques semaines, elle arrivera au terme de sa première année de formation. Elle est apprentie au home médicalisé Le Foyer, à La Sagne. Sur son badge, il est écrit ASSC, c'est plus court que «assistante en soins et santé communautaire».

23 mai 2006, 12:00

Emilie suit une formation de type dual. Quatre jours à La Sagne et le vendredi en cours, au centre Pierre-Coullery, à La Chaux-de-de-Fonds. «Je préfère cela à une formation en école, je vois les choses concrètement. J'aime bien être avec les pensionnaires et je crois qu'ils m'aiment bien aussi», explique-t-elle tout sourire.

Comme Cindy

Sous sa dénomination actuelle, sa profession est jeune. Elle existe depuis 2002. Depuis l'an dernier, elle ne s'acquiert plus en école - comme pour «Nouvelle Star» Cindy, diplômée de la volée 2005 -, mais en entreprise. Une vingtaine d'apprentis, essentiellement des jeunes filles, partagent le quotidien d'Emilie dans le canton de Neuchâtel. C'est bien, mais c'est encore insuffisant, a relevé hier Sylvie Perrinjaquet, en visite dans l'établissement sagnard.

Accompagnée de Maryse de Kaenel, adjointe au chef de la Formation professionnelle, la conseillère d'Etat en charge de l'Education ne s'est pas déplacée pour rien. Elle a remis à la directrice du Foyer, Carole Meister, le premier exemplaire du tout nouveau «Manuel pour la formation en entreprise». Soit un volumineux classeur présenté comme «une vraie bible», à la fois «boîte à outils pour le formateur» et document recensant tout ce qu'il faut savoir sur la formation professionnelle en Suisse. Ce manuel sera remis à l'ensemble des 2070 entreprises formatrices neuchâteloises à partir du 12 juin.

Le choix du Foyer ne doit rien au hasard. Dans un domaine où la demande en formation est forte, voire très forte, le home de La Sagne assume son rôle. Pour Carole Meister, cette fonction formatrice est «valorisante, avec un rapport «gagnant-gagnant». Même si, c'est vrai, il faut prévoir un encadrement adéquat pour les jeunes que nous engageons.» Mais dans l'esprit de la directrice, la «volonté de les amener à la réussite» est clairement affichée.

C'est ce message-là que le canton de Neuchâtel entend faire passer. Dans la branche «santé-social» comme pour les 130 métiers qui, dans le canton, s'acquièrent en entreprises. Et qui occupent quelque 2500 apprentis.

Appel aux patrons

Le hic, c'est que les formateurs, eux, ont tendance à se dérober. Certes, le rôle «social» du patron (parfois «nounou», parfois médiateur, parfois parent... à la place des parents!) peut être lourd. Certes, les exigences de l'Office fédéral de la formation professionnelle et de la technologie (OFFT) vont en grandissant. «Il y a quand même, pour une part, une perte du devoir citoyen. Nous devons sans cesse répéter aux entreprises combien la formation est indispensable», insiste Sylvie Perrinjaquet.

Pendant ce temps, dans son unité de soins, Emilie Aubry est repartie préparer des médicaments. Puis, midi approchant, elle assistera quelques-uns des pensionnaires à l'heure du repas. Comme une vraie professionnelle qu'elle est en train de devenir. / SDX

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