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Andrey, le bâtisseur

Claude «Didi» Andrey a rebondi à Yverdon après avoir passablement bourlingué à l?étranger. Toujours prêt à repartir, l?homme s?implique à fond dans son nouveau challenge. Rencontre avant le derby contre le FCC

09 sept. 2006, 12:00

L?homme n?est pas du genre à rouler des mécaniques. Certains le disent taciturne, lui il en rigole. Claude «Didi» Andrey (55 ans) déteste le superficiel. Il s?intéresse au contenu. Ce qu?il aime, c?est construire. En tant que joueur, ce gaucher magique brillait par sa vision du jeu. L?entraîneur qu?il est devenu voit aussi loin. Même s?il connaît les règles du jeu, celles de son milieu, le football, l?actuel entraîneur d?Yverdon pense surtout à bâtir. Et après plusieurs années d?expérience, notamment à l?étranger, le Genevois d?origine, et ex-Xamaxien, en connaît un bout sur la question. Rencontre avant le derby de ce soir face au FCC.

«Didi» Andrey, après ces années à l?étranger, teniez-vous à retrouver de l?emploi en Suisse? D. A.: Pas forcément. Je suis toujours ouvert à de nouvelles propositions. Simplement, j?ai trouvé une possibilité d?exercer mon métier ici, comme j?aurais pu le faire à l?étranger.

Que retenez-vous de vos expériences à l?étranger? D. A.: Je ne regrette pas du tout. J?ai toujours été prêt à me remettre en question et à vivre de nouvelles expériences. Je pense qu?il faut avoir le courage de sortir de ses montagnes, de quitter son clocher, pour apprendre. C?était vraiment une volonté de ma part. Déjà comme joueur, à 30 ans, je n?ai pas hésité à partir en France. Cela fait partie de ma personne. Je suis intéressé par la découverte.

Vous avez tout de même couru certains risques. D. A.: Effectivement, il faut une petite dose de courage. Mais il n?y a pas forcément plus de risques que de rester à s?encrasser dans sa zone. Aujourd?hui, le monde évolue d?une telle manière que l?on va plus dans le sens de l?ouverture et des échanges que de la protection et la conservation des acquis. Je crois plus au partage qu?à des valeurs comme la tranquillité.

Seriez-vous prêt à repartir? D. A.: Tout à fait. De toutes façons, dans la vie il n?y a jamais rien de définitif. C?est toujours évolutif.

Devenir entraîneur après votre carrière de joueur était-ce une suite logique? D. A.: Oui, même si pas mal de choses ont changé dans le milieu du football. Avant, on voulait gagner. Maintenant, on doit gagner. Quand l?argent prend trop de place, cela dénature les choses. Heureusement, à Yverdon ce n?est pas le cas.

Comment vivez-vous cette expérience? D. A.: Ce challenge m?a tout de suite beaucoup intéressé. Il y avait une équipe à reconstruire et cela correspond à ma façon de fonctionner. Je suis plus un constructueur qu?un opportuniste. Que l?équipe ait été reléguée est secondaire. L?important pour moi est d?avoir les moyens de m?exprimer.

Vos relations avec le président Cornu sont-elles bonnes? D. A.: Ça se passe très bien. Comme tous les président que j?ai connus, il est très impliqué dans le vie du club. Il n?entre toutefois pas dans les vestiaires tous les jours. C?est totalement différent de ce que j?ai vécu au Congo, où le ministre se mêlait des affaires de l?équipe. Avec mes heures de vol, je peux dire que la collaboration se passe très bien à Yverdon. Nous partageons les mêmes valeurs. En plus, les conditions de travail sont excellentes.

Comme jugez-vous votre début de championnat? D. A.: Bien. Nous pourrions certes compter six points de plus, mais cela fait partie du football. Notre contingent était assez limité au départ et nous n?avons pas mis trop de pression sur les résultats. Cette deuxième partie de championnat va nous donner plus d?indications sur la valeur de l?équipe.

Le joueur «Didi» Andrey jouerait-il dans votre équipe? D. A.: Sûrement pas. Ce sont deux générations différentes. J?ai vécu des moments privilégiés comme joueur, mais ce n?est pas moins intéressant comme entraîneur. On fonctionne toujours en fonction de son vécu. J?insiste sur l?engagement et la technique, comme je le faisais comme joueur. Je veux que mon équipe joue le meilleur football possible.

Votre avis sur le FCC? D. A.: C?est un adversaire qui a plus de potentiel que son classement actuel. /JCE

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