Alerte rouge Covid: soignons nos liens

Alors que le virus nous sépare, on a plus que jamais besoin les uns des autres, l’édito de Sophie Winteler, rédactrice en chef adjointe.
23 oct. 2020, 20:39
Portraits SNP

Neuchatel, 10 01 2018
Photo : © David Marchon

C’est l’histoire des trois petits singes. Ceux qui vivaient «masqués» bien avant l’heure: les mains sur les yeux, les oreilles et la bouche. Jusqu’à maintenant, nous étions ces petits singes. On n’a rien voulu voir ni entendre, et on osait peu dire. Même si au fond de nous, on imaginait bien qu’à l’automne, on n’irait sans doute plus danser au bal, même masqué.

Lors de la première vague de Covid-19, on a vécu la sidération, puis l’acceptation. On a dit oui, il faisait beau et très peu de cas venaient déranger nos vies de semi-confinés.

Aujourd’hui, avec 1000 cas positifs enregistrés en dix jours dans le canton de Neuchâtel et un taux de positivité aux tests de désormais 50%, on se doit à nouveau d’accepter les nouvelles mesures. Mais il pleut et nous sommes entourés de proches qui se testent et s’isolent car ils sont atteints. Ambiance.

Il y aura toujours ceux pour affirmer qu’on en fait trop pour une «grippette» qui ne tue finalement pas trop. Stop. C’est faux. La France étend son couvre-feu à 38 départements, l’Allemagne a placé la Suisse sur la liste de pays à risque, les Pays-Bas ont fermé leurs bistrots et décrété un semi-confinement pour tenter de passer les fêtes de Noël «au mieux». 

C’est ce «au mieux» qu’on doit soigner. En renforçant nos liens, alors que le virus nous sépare. En adaptant nos comportements. En refusant que le moindre toussotement étiquette l’autre comme un malade en puissance qu’il faut éviter. Plus que jamais, on a tous besoin les uns des autres.

par Sophie Winteler