A ses risques et périples, les vacances de Monsieur Boulot

06 mai 2009, 10:37

C'est vrai, ce n'est pas toujours la sinécure. Il faut d'abord se décider. L'Italie, la France ou la Croatie? Dans lequel de ces pays va-t-on alimenter les comptes en banque des loueurs de placards des bords de mer?

Ensuite, c'est le branle-bas de combat. Surtout, ne rien oublier en remplissant sa valise. Moi, cela me prend des heures de fourrer n'importe comment palmes et médicaments contre la grippe porcine, contrairement aux aventuriers de cinéma qui expédient le tout en deux minutes, sans se préoccuper de multiplier le nombre de petites culottes par le nombre de jours qu'ils vont passer dans une contrée hostile, où on ne peut même pas laver son linge à cause de la sécheresse endémique et de la mauvaise qualité du savon.

Oui, j'en conviens, il y a des activités plus réjouissantes que de sacrifier sa peau à l'astre solaire et de se pavaner avec des réserves de graisse bien en vue sur le haut des cuisses. C'est sûr, aussi, pas besoin d'aller à Pelé-les-trois-Tondus pour prendre des bains de minuit et bouquiner à l'ombre dans son hamac. Ce qui pose la question essentielle: vaut-il la peine de partir? Francis connaît la réponse. Depuis huit ans, il n'a plus quitté ses champs. Tout va donc très bien, Madame la marquise. Sauf que sa douce moitié s'est mise en tête de l'emmener roucouler sept jours à l'autre bout du monde, quelque part sur la Côte-d'Azur. Francis a longtemps cherché une excuse un tant soit peu tangible pour éviter la délocalisation temporaire. En vain. Le condamné au repos m'a écrit une carte postale d'Agay. Il s'adapte chaque jour un peu plus à son sort. On a connu pire comme destin.