Yémen: des raids dans le sud, la population manque de tout à Aden

Selon les témoignages de médecins et d'habitants d'Aden, au sud du Yémen, la population manquerait maintenant de tout. Une situation intenable, alors que la ville, aux mains des rebelles houthis, continue d'être bombardée.

13 avr. 2015, 12:58
Les habitants de la ville d'Aden, dans le sud du Yémen, manquent de tout, selon des témoignages de médecins et de locaux.

De nouveaux raids aériens menés par l'Arabie saoudite ont visé lundi des positions rebelles dans le sud du Yémen, notamment à Aden. Dans cette ville, la population manque désormais de tout, selon des médecins et des habitants.

Les frappes de la coalition arabe dirigée par Ryad se sont poursuivies jusqu'à 06h00 (05h00 du matin en Suisse), visant des barrages et des positions rebelles aux entrées d'Aden. A l'aube, des avions ont bombardé le complexe présidentiel tenu par les rebelles et qui était le dernier refuge du chef de l'Etat Abd Rabbo Mansour Hadi avant qu'il ne s'enfuie vers l'Arabie saoudite le 25 mars.

Cinq personnes, deux civils et trois combattants pro-Hadi, ont été tuées par des tireurs embusqués, selon un médecin.

Durant la nuit, des combats ont opposé dans plusieurs quartiers d'Aden des miliciens loyaux au président Hadi à des rebelles chiites houthis et leurs alliés, des militaires restés fidèles à l'ancien chef de l'Etat Ali Abdallah Saleh, ont indiqué des habitants.

Exode massif

Selon un militant pro-Hadi qui réside à Aden, il y a eu depuis fin mars un "exode massif" de familles qui ont fui la ville en raison de l'intensité des combats. "Les écoles, les universités et des entreprises publiques et privées ont fermé", a-t-il dit. Il a ajouté que "de nombreux ouvriers et employés ont été licenciés par leurs patrons qui ne pouvaient plus les payer".

La population manque de tout, en premier lieu de nourriture, selon des organisations humanitaires. En outre, a expliqué une femme, "nous ne pouvons pas quitter notre domicile en raison des snipers houthis".