Vol MH370: les recherches interrompues par la météo

Les conditions météorologiques se sont dégradées mardi dans le sud de l'Océan indien, poussant la sécurité maritime australiennes à suspendre les recherches.
07 août 2015, 13:31
Mardi, les avions ont dû rentrer plus tôt que prévu, des vents très violents se sont levés dans le secteur des recherches.

La météo défavorable et les mauvaises conditions de mer ont contraint mardi les autorités australiennes à suspendre les recherches de débris du Boeing 777 qui s'est abîmé dans le sud de l'Océan indien. Les proches des victimes chinoises ont eux exprimé leur colère face à la gestion de cette catastrophe par les autorités malaisiennes et la compagnie.

L'Agence australienne de sécurité maritime (AMSA) a précisé qu'un navire australien se trouvant dans le secteur de recherches avait dû rebrousser chemin pour fuir un coup de vent, accompagné de fortes pluies.

"Les opérations de recherche devraient reprendre demain (mercredi) si les conditions météorologiques le permettent", a ajouté l'AMSA.

La récupération de tout ou partie de l'épave pourrait fournir des éléments expliquant ce qui a conduit le vol MH370 de la Malaysia Airlines assurant la liaison entre Kuala Lumpur et Pékin à totalement dévier de sa route initiale.

"Quarantièmes rugissants"

Les autorités malaisiennes ont annoncé lundi sur la foi de nouvelles données satellitaires que le Boeing 777, disparu le 8 mars une heure après avoir décollé de Kuala Lumpur pour Pékin, s'était abîmé dans le sud de l'Océan indien, à des milliers de kilomètres de son trajet prévu.

Ses 239 passagers et membres d'équipage, dont 153 Chinois, sont présumés morts, a indiqué la compagnie aérienne.

Le site des recherches est situé à 2500 km environ au sud-ouest de Perth, dans une des régions maritimes les plus isolées de la planète appelée "quarantièmes rugissants", combinaison de vents violents et d'une forte houle.

La zone de recherches, établie à l'extrémité de la route aérienne qu'a probablement empruntée le Boeing, s'étend sur plus d'un million de kilomètres carrés, a précisé le ministre malaisien des Transports, Hishammuddin Hussein.

Système de communication éteint

Les enquêteurs envisagent la possibilité que quelqu'un à bord de l'appareil ait éteint le système de communication en vol. L'avion aurait, selon des données radar partielles, bifurqué vers l'ouest et aurait traversé dans le sens nord-sud la péninsule malaisienne, sans doute avec un pilote expérimenté aux commandes.

Les données satellitaires de la société britannique Inmarsat , qui ont permis de confirmer la disparition du Boeing dans l'Océan indien, comprennent un dernier signal électronique qui est examiné par les enquêteurs.

Une liaison partielle aurait été établie entre l'appareil et la station au sol à 01h19, heure suisse, le 8 mars après la disparition du Boeing des écrans radars à 18h21 le 7 mars.

Détecteur de boîte noire

Un détecteur de boîte noire (enregistreur de données de vol et de liaison radio) ne devrait pas arriver sur place avant le 5 avril, a dit Hishammuddin Hussein.

Les balises de localisation de la boîte noire sont alimentées par des batteries dont la durée de vie est d'environ un mois, ce qui rend leur récupération hypothétique.

Colère des proches

Les familles et des proches des victimes chinoises ont exprimé leur colère face à la gestion de cette catastrophe aérienne par les autorités malaisiennes et la compagnie Malaysia Airlines, qualifiées de "bourreaux".

Le vice-ministre chinois des Affaires étrangères a exigé du gouvernement malaisien la transmission de toutes les données satellitaires qui ont permis de conclure à l'accident en mer du Boeing. Le président Xi Jinping va dépêcher un émissaire spécial à Kuala Lumpur à cette fin.

Malaysia Airlines a de son côté annoncé qu'elle allait organiser le voyage en Australie des proches des victimes, une fois obtenu le feu vert des enquêteurs.