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Voilà la une du prochain "Charlie Hebdo", tiré à 2,5 millions d'exemplaires

"C'est reparti", avec un chien poursuivi par Marine Le Pen, Sarkozy, le pape et un djihadiste. C'est la une du deuxième numéro de "Charlie Hebdo" après les attentats de Paris.

23 févr. 2015, 18:38
Sur fond rouge, la une du prochain "Charlie Hebdo", qui sortira mercredi à 2,5 millions d'exemplaires.

Un mois et demi après l'attentat qui a décimé une partie de sa rédaction, le journal satirique français "Charlie Hebdo" reparaît ce mercredi. Son deuxième numéro après les attaques sera tiré à 2,5 millions d'exemplaires. 

"C'est reparti", peut-on lire sur la une de ce nouveau numéro, divulguée par le quotidien "Libération" qui héberge l'équipe de "Charlie". Sous le texte, une meute de "clébards hostiles", parmi lesquels on reconnaît le pape, Marine Le Pen, Nicolas Sarkozy et un djihadiste, court après un chien qui tient le magazine.

Le dessinateur Luz explique avoir choisi des chiens car "ce sont des animaux irresponsables et soumis". "Irresponsable, c'est Charlie, soumis, c'est tout les autres qui courent derrière", dit-il.

"Faut qu'on parle du retour de Charlie, mais pour dire que Charlie recommence à faire son travail, son travail contre la bêtise, contre le FN", a ajouté le dessinateur lors de la conférence de rédaction, racontée par "Libération".

Après le numéro des "survivants" paru une semaine après l'attaque du 7 janvier qui a fait douze morts dont cinq caricaturistes, une vente record de près de huit millions d'exemplaires en signe de solidarité avec l'hebdomadaire, un pactole récolté et un torrent d'émotion à gérer, l'équipe rescapée de "Charlie Hebdo" a dû prendre du repos.

Une manne de 30 millions d'euros

Avant l'attentat, "Charlie" tirait au total à 60'000 exemplaires et comptait 10'000 abonnés. Il a dépassé aujourd'hui les 200'000 abonnés. En cumulant ventes, abonnements, dons et aide publique, "Charlie Hebdo" pourrait recueillir près de 30 millions d'euros.

Dimanche par France5, l'urgentiste Patrick Pelloux, chroniqueur à "Charlie", a précisé que cette manne serait utilisée à trois fins: une partie sera utilisée pour équilibrer les comptes du journal, qui connaissait des difficultés financières avant le 7 janvier, une autre ira aux proches des victimes des attentats et le reste devrait permettre de soutenir des caricaturistes du monde entier.

Le numéro "des survivants" avait fait sa couverture avec une nouvelle caricature de Mahomet, le prophète tenant une pancarte "Je suis Charlie" au-dessus du surtitre "Tout est pardonné". Cette une avait suscité des manifestations parfois violentes dans le monde musulman et provoqué un débat en France sur les limites de la liberté d'expression.

Appels au meurtre

Les cicatrices des attentats de Paris ont encore été ravivées par les attaques du 14 février à Copenhague, qui ont fait deux morts et ont visé la communauté juive et un lieu illustrant la liberté d'expression.

Sans parler des appels aux meurtres qui se multiplient sur Twitter contre Zineb El Rhazoui, collaboratrice franco-marocaine de "Charlie Hebdo" et son mari, l'écrivain marocain Jaouad Benaissi.

"Charlie Hebdo" va-t-il encore parler de "ça" ? "C'est toujours autant d'actualité. Je sais que certains vont dire qu'on est obsédé, mais ce n'est pas nous qui sommes obsédés ! C'est l'actualité et ceux qui la font qui sont obsédés. Et ceux qui la font, ce sont les terroristes!", estime Gérard Biard.

"Mais il y aussi Dominique Strauss-Kahn, heureusement qu'on l'a celui-là!", sourit-il à propos de l'ancien patron déchu du FMI dont la relaxe vient d'être requise à son procès à Lille pour proxénétisme aggravé. Le prochain "Charlie" parlera aussi de la Grèce avec une interview du nouveau ministre grec des Finances Yanis Varoufakis.

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