Vladimir Poutine est arrivée en Italie, une rencontre avec le pape est prévue

Valdimir Poutine est arrivée mercredi en Italie. Après sa visite de l'Expo 2015 à Milan, le président russe doit se rendre au Vatican pour y rencontrer le pape François.
07 août 2015, 15:30
Avec cette double visite, Vladimir Poutine tente de sortir de son isolement diplomatique.

Vladimir Poutine est arrivé mercredi à Milan. Le président russe a été accueilli par le chef du gouvernement italien Matteo Renzi, avant une rencontre à Rome avec le pape. Le maître du Kremlin se donne ainsi deux occasions de rompre son isolement diplomatique.

A l'aéroport de Milan, quelque 200 touristes, dont beaucoup agitaient des drapeaux russes, ont assisté à l'arrivée du chef d'Etat russe sur le sol italien. Vladimir Poutine était souriant. Il a débarqué de l'avion avec près d'une heure de retard sur l'horaire prévu, obligeant le président du Conseil italien à patienter.

A Milan, le chef du Kremlin se rendra à l'Expo 2015. Il y visitera en compagnie de Matteo Renzi le pavillon de son pays, à l'occasion de la journée de la Russie à l'Expo, ainsi que celui de l'Italie. Ils auront ensuite un entretien avant de donner une conférence de presse commune.

Le chef d'Etat russe se présente dans la péninsule italienne deux jours à peine après de nouvelles menaces de sanctions renforcées de la part des pays du G7. La situation en Ukraine s'est à nouveau détériorée ces derniers jours, laissant craindre une nouvelle escalade.

Accords de Minsk

L'Italie ne fait pas partie des "faucons" en matière de relations avec la Russie. Toutefois, Matteo Renzi est un des signataires du sévère communiqué publié lundi à l'issue d'une réunion des dirigeants du G7 en Bavière.

Les sept chefs d'Etat ou de gouvernement y ont unanimement lié la durée des sanctions contre la Russie à "la mise en oeuvre intégrale des accords de Minsk" de février sur un cessez-le-feu en Ukraine et au "respect de la souveraineté" de Kiev. Ils s'y disent "également prêts à prendre d'autres mesures restrictives pour augmenter le coût pour la Russie si ses actions le rendent nécessaire".

Marge de manoeuvre étroite

M. Poutine se rendra ensuite à Rome où il sera reçu par le président italien Sergio Mattarella, puis au Vatican pour y retrouver le pape François. Avec ce dernier, il discutera de la situation en Ukraine et au Moyen-Orient, selon des sources proches du Saint-Siège.

Dans la soirée, il pourrait retrouver "hors agenda officiel" son ami Silvio Berlusconi, à la résidence romaine de l'ancien chef du gouvernement italien.

Le chef de l'Etat russe, qui se présente en fervent orthodoxe et ami de l'Eglise russe, avait déjà été reçu par le pape le 25 novembre 2013. Depuis lors, la guerre civile syrienne est devenue incontrôlable, et le conflit ukrainien a placé le Vatican et le pape face à un nouveau défi, illustrant l'étroitesse de leur marge de manoeuvre.

Appel à réconciliation

En Ukraine, les rebelles sont en majorité des orthodoxes rattachés au patriarcat de Moscou. Ils se battent contre d'autres orthodoxes et contre les grecs-catholiques (uniates) rattachés à Rome. Le Saint-Siège et le pape n'ont cessé d'appeler les Ukrainiens à se réconcilier et à cesser une guerre entre "frères" chrétiens.

A la veille de cette rencontre, le primat de l'Eglise gréco-catholique (uniate) d'Ukraine, Mgr Sviatoslav Chevtchuk, a déclaré espérer que le pape François "serait la voix des gens opprimés".

Prudence du Vatican

Mais le Vatican est resté très prudent dans cette crise, au grand dam des catholiques uniates qui souhaiteraient une condamnation directe de la politique russe en Ukraine. Car pour le Saint-Siège, le dialogue entamé depuis des décennies entre le Vatican et le patriarcat russe, la branche la plus importante de l'orthodoxie, est aussi un enjeu.

Les deux Eglises avaient fait un bout de chemin l'une vers l'autre suffisant pour que soit envisagée une visite du pape François à Moscou. La crise ukrainienne a mis un frein à ces efforts de rapprochement.