Virus Zika: les autorités du Honduras décrètent l'état d'urgence national

3700 cas de contamination enregistrés depuis mi-décembre sont à l'origine de l'état d'urgence au Honduras. L'organisation mondiale de la santé (OMS) redoute des malformations congénitales.

02 févr. 2016, 07:16
3700 personnes contaminées en Honduras depuis mi-décembre.

Le gouvernement du Honduras a décrété lundi l'état d'urgence national à cause du virus Zika, a annoncé la ministre de la Santé hondurienne. Le pays centre-américain a enregistré près de 3700 cas de contamination depuis mi-décembre.

"Le Zika nous cause beaucoup de tort parce que le nombre de contaminés augmente chaque jour de manière alarmante", a indiqué la ministre de la Santé du Honduras, Yolani Batres, au cours d'une conférence de presse. Elle a précisé qu'avec l'état "d'urgence national le gouvernement utilisera toutes les stratégies à sa disposition" pour lutter contre la propagation du virus.

"Les statistiques officielles indiquent que jusqu'à présent et depuis le 16 décembre, quand la maladie a été détectée, 3649 cas de Zika" ont été recensés au Honduras, a ajouté Mme Batres.

Le président du Honduras, Juan Orlando Hernandez, a mis à la disposition du ministère de la Santé une somme initiale de plus de 10 millions de dollars pour lutter contre le virus.

Comme la dengue et le chikungunya, le Zika, qui tire son nom d'une forêt en Ouganda où il a été repéré pour la première fois en 1947, se transmet par une piqûre de moustique du genre Aedes, Aedes aegypti ou A. albopictus (moustique tigre).

 

 

Lien "fortement suspecté"

L'organisation mondiale de la Santé (OMS) a qualifié lundi à Genève d'"urgence de santé publique de portée mondiale" l'épidémie, soupçonnée de causer des malformations congénitales. Le Brésil, pays le plus touché par le Zika avec près de 1,5 million de cas selon l'OMS, a dans la foulée déconseillé aux femmes enceintes de venir aux JO cet été dans le pays.

Le président du Comité international olympique (CIO), Thomas Bach, s'est toutefois dit lundi confiant dans le bon déroulement des JO, malgré l'épidémie.

L'OMS a jugé qu'un lien entre ce virus transmis par un moustique et une explosion en Amérique du Sud du nombre de cas de microcéphalie, malformation congénitale dont souffrent les enfants nés avec une tête et un cerveau anormalement petits, était "fortement suspecté, bien que non prouvé scientifiquement".

L'agence de l'ONU avait averti la semaine dernière que le virus se propageait "de manière explosive" dans la région des Amériques, avec 3 à 4 millions de cas attendus en 2016.