Valverde suspendu en Italie et pour le Tour

Le Tribunal national antidopage du Comité olympique italien (Coni) a frappé fort en interdisant au coureur espagnol Alejandro Valverde de courir en Italie pendant deux ans. Cela devrait lui barrer la route du prochain Tour de France, dont un passage est précisément prévu en territoire... italien.
12 mai 2009, 04:15

Trois ans après, l'affaire espagnole «Puerto» n'en finit pas de faire des vagues. Après l'Allemand Jan Ullrich, qui a précipité la fin de sa carrière, et l'Italien Ivan Basso, qui a dû purger deux ans de suspension, c'est Alejandro Valverde, une autre star du peloton, qui est rattrapé par ce vaste scandale de dopage sanguin. L'Espagnol a annoncé avoir déjà déposé un recours devant le Tribunal arbitral du sport (TAS).

Le cas, cette fois, est d'autant plus singulier que le coureur espagnol est suspendu par une autorité dont il ne relève pas directement. Le tribunal italien, qui s'est réuni sans la présence du principal intéressé à Rome, a suivi les réquisitions du procureur antidopage du Coni, Ettore Torri.

En février, peu après avoir entendu le coureur, qui cette fois-ci s'était rendu à Rome, Torri avait affirmé que «le sang dans la poche No 18 est celui de Valverde». Cette fameuse poche de sang No 18 estampillée «Valpiti» - en référence au nom du chien de Valverde - contiendrait de l'EPO et avait été recueillie à Madrid dans le cadre de l'affaire Puerto.

«Nous possédons des documents qui font référence à Valverde concernant aussi bien des sommes données à Eufemiano Fuentes (réd: le médecin espagnol au cœur du scandale) que des substances», avait-il alors ajouté.

Concrètement, l'Espagnol de 29 ans, qui a toujours clamé son innocence et argué de l'incompétence du Coni pour une affaire survenue en Espagne, ne pourra plus courir en Italie pendant deux ans.

Les principales épreuves italiennes (Milan-San Remo, Giro et Tour de Lombardie) ne constituent pas une priorité pour le leader de la Caisse d'Epargne. En revanche, cela le prive aussi du prochain Tour de France, son grand objectif de la saison, puisque celui-ci doit effectuer un crochet par le Val d'Aoste lors de la 16e étape du 21 juillet.

C'est d'ailleurs à l'occasion d'un passage du Tour en Italie l'an passé que le sang de Valverde fut prélevé pour être comparé à celui de la poche No 18.

De son côté, son équipe a assuré que la décision du Tribunal national antidopage du Coni est «injuste, obsolète et réalisée par un organisme manifestement incompétent, après une procédure entachée d'irrégularités et dans laquelle n'ont pas été respectées les garanties de défense minimales».

«Nous appuyons pleinement Alejandro dans l'interjection en appel nécessaire afin que des instances supérieures (réd: le Tribunal arbitral du sport, TAS) annulent dans les plus brefs délais la sanction injuste prononcée aujourd'hui», a-t-elle ajouté.

Quant à Valverde, pressentant sans doute la sanction à venir, il avait annoncé il y a quelques jours qu'il portait plainte contre Ettore Torri. Le cycliste s'appuie notamment sur le fait que le Tribunal supérieur de justice de Madrid avait interdit au Coni d'utiliser les preuves de l'enquête pénale.

Mais les ennuis ne font sans doute que commencer pour Valverde. Une fois qu'elle aura pris connaissance des motifs de l'interdiction - qui doivent être communiqués d'ici 30 jours -, l'Union cycliste internationale (UCI) pourrait étendre la sanction à tous les autres pays. /si