Une sortie de grève se profile pour Air France

Après dis jours de grève, une sortie semble se dessiner du côté d'Air France. Vendredi, les pilotes assureront un vol sur deux.

25 sept. 2014, 18:43
Air France pilots attend a demonstration in Paris, Tuesday, Sept. 23, 2014. France?s prime minister  speaking out against Air France pilots who are striking for an eighth day over the proposed expansion of its low-cost carrier, Transavia. Air France-KLM airline says the strike is costing up to euro20 million  ($25 million) a day. The company is cutting costs to try to stay competitive with budget airlines. About half the airline?s flights have been cancelled. The sticker reads: Pilots on strike. All together for our future (AP Photo/Christophe Ena)

Air France prévoit d'assurer vendredi un vol sur deux, alors que le conflit était dans sa phase finale après le retrait d'un projet de filiale low cost Transavia Europe, principale revendication des pilotes en grève depuis onze jours.

Il s'agit du plus long conflit de pilotes d'Air France, le précédent record, de 10 jours, datant de 1998. Sous la pression du gouvernement, les syndicats de pilotes et la direction, qui se tournaient le dos depuis la semaine dernière, ont repris leurs négociations dans l'après-midi de jeudi.

"Dans l'attente, le mouvement se poursuit", a indiqué à l'AFP Guillaume Schmid, porte-parole du SNPL, syndicat majoritaire chez les pilotes de la compagnie aérienne.

Le syndicat à l'origine de la grève qui a démarré le 15 septembre a fait une "contre-proposition" après l'annonce mercredi soir par Air France du retrait du projet de low cost Transavia Europe.

Irresponsabilité

Toute poursuite "jusqu'au-boutiste" de la grève des pilotes d'Air France "serait totalement irresponsable", a réagi l'Union des aéroports français jeudi, exhortant les pilotes à cesser ce mouvement qui, dit-elle, fragilise l'ensemble du secteur aérien.

Un retour à la normale immédiat semble peu probable dans les aéroports, où la moitié des avions Air France reste clouée au sol. "La situation est inchangée" dans les aéroports parisiens, selon une source aéroportuaire contactée jeudi matin par l'AFP.

Vendredi, le taux de pilotes grévistes est estimé à 58% par la direction d'Air France. D'après elle, ils étaient 62% ce jeudi. Au niveau national, près de la moitié (48%) des vols devraient être assuré pour vendredi, selon la compagnie aérienne.

Air France chiffre le coût de la grève entre 15 à 20 millions d'euros (jusqu'à 24 millions de francs) par jour.

Pas de quoi faire flancher les syndicats dans le dernier round de négociations, a averti Guillaume Schmid, porte-parole du Syndicat national des pilotes de ligne: "On ne lèvera pas le préavis (de grève) tant que les négociations n'auront pas abouti".

Les pilotes, qui dénoncent un "dumping social" induit, selon eux, par le projet Transavia Europe, ont finalement fait céder Air France-KLM mercredi soir. La direction avait longtemps refusé d'abandonner ce projet phare de son nouveau plan stratégique "Perform 2020".

Reprise immédiate demandée

Une fois l'abandon annoncé, la direction a appelé les pilotes à une "reprise immédiate" du travail. Le gouvernement lui a emboîté le pas, estimant que la responsabilité des pilotes était de "cesser le mouvement", alors que l'Etat détient 16% du capital de la compagnie aérienne.

Les syndicats à l'origine de la grève voient dans Transavia Europe un cheval de Troie pour une "délocalisation" rampante des emplois français.

Le groupe aérien franco-néerlandais, numéro 2 européen derrière l'allemand Lufthansa, entend se positionner sur le marché des vols à bas coût et capter les "opportunités de croissance" qu'il pourrait lui offrir. Dans son viseur: Ryanair et Easyjet, les poids lourds du low cost en Europe.

En août, la direction avait assuré à ses salariés que la réorganisation à venir du réseau court et moyen-courrier d'Air France n'entraînerait "aucun transfert" de personnel, de contrats de travail ou d'appareils. Des promesses qui n'ont visiblement pas convaincu les pilotes.

Mercredi, le premier ministre Manuel Valls avait réclamé un règlement rapide du mouvement social chez Air France, appelant les deux camps à éviter la "surenchère".

La compagnie recommande à ses clients ayant réservé un vol d'ici au 30 septembre de reporter leur voyage ou de changer leur billet sans frais. Le SNPL a étendu son préavis de grève jusqu'à cette date.