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Une «action provocatrice»

La Corée du Nord a annoncé hier vouloir procéder à son premier essai nucléaire, mais sans fournir de date. Plusieurs pays, dont les Etats-Unis, ont vivement critiqué cette décision La Corée du Nord a annoncé hier son intention de procéder à son premier essai nucléaire. Elle n'a toutefois pas fourni de date. Plusieurs pays dont les Etats-Unis, la Grande-Bretagne, le Japon ont critiqué cette décision, estimant que cela constituerait «une menace inacceptable» et une «action provocatrice».

04 oct. 2006, 12:00

La Corée du Nord «va à l'avenir procéder à un essai nucléaire à la condition que la sécurité soit entièrement garantie», selon une déclaration du ministère des Affaires étrangères diffusée par l'agence officielle nord-coréenne KCNA. Pyongyang s'était déjà déclaré puissance atomique en février 2005, mais n'a jamais réalisé d'essai nucléaire.

«Menace» américaine

Le communiqué invoque la «menace» américaine. «La menace extrême des Etats-Unis de déclencher une guerre nucléaire, les sanctions et les pressions contraignent (la Corée du Nord) à procéder à un essai nucléaire, un processus essentiel en vue de renforcer notre pouvoir de dissuasion nucléaire, en tant que contre-mesure d'autodéfense», déclare le texte.

Les Etats-Unis ont dénoncé une «action provocatrice» et «une menace inacceptable» pour la région et le monde. «Les Etats-Unis continueront à travailler avec les alliés pour décourager un acte aussi extrême et y répondront de façon appropriée», a déclaré le porte-parole du département d'Etat, Sean McCormack.

L'ambassadeur américain à l'ONU John Bolton a indiqué qu'il soumettrait sans délai cette question au Conseil de sécurité. «C'est un test pour le Conseil de sécurité», a-t-il dit.

Pour le gouvernement japonais, ce projet «ne peut être toléré car il s'agit d'une menace pour la paix», a déclaré le ministre des Affaires étrangères Taro Aso. «Une grave menace pour la paix dans la péninsule coréenne», a renchéri Séoul, mettant en garde Pyongyang contre l'«impact éminemment négatif sur les relations intercoréennes». La Russie a appelé à la «retenue». «Ces problèmes doivent se régler exclusivement de manière pacifique et diplomatique (...) Il faut des contacts directs entre les Etats-Unis et la Corée du Nord», a jugé le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov. Un essai nucléaire serait un «acte extrêmement provocant» qui aurait de «sérieuses conséquences», a averti Londres, tandis que la France a demandé «instamment» à Pyongyang de renoncer à son projet qui serait «un facteur de grave instabilité».

Selon plusieurs analystes, l'annonce faite par Pyongyang, la plus belliqueuse à ce jour, est sans doute destinée à persuader les Etats-Unis de reprendre des discussions bilatérales et de lever les sanctions qu'ils ont imposées sur ses comptes bancaires dans des paradis fiscaux.

La Corée du Nord refuse depuis près d'un an de reprendre les discussions à six sur son programme nucléaire en raison des sanctions américaines. Les pourparlers qui réunissent les deux Corées, la Chine, la Russie, les Etats-Unis et le Japon sont gelés depuis novembre

Crise déclenchée en 2002

La crise a été déclenchée en 2002 par des déclarations américaines accusant Pyongyang d'avoir lancé un programme d'enrichissement d'uranium en violation d'un accord bilatéral de 1994.

Le régime communiste a répondu par un retait du Traité de non-prolifération (TNP) en janvier 2003 et a annoncé huit mois plus tard avoir produit suffisamment de plutonium pour fabriquer une demi douzaine de bombes atomiques. Pyongyang a ensuite affirmé en février 2005 s'être doté de l'arme nucléaire alors que la CIA estime que le pays dispose de plusieurs bombes. / ats-afp-reuters

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