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Un tabou reste debout

Le Conseil de l'Europe a rejeté hier soir un texte condamnant les crimes commis par les régimes communistes, se contentant d'une terne résolution. Le sujet fait toujours voir rouge... Un document condamnant «les crimes commis par les régimes communistes totalitaires» - un sujet resté longtemps tabou - a été rejeté hier soir par l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe. Le projet de recommandation n'a pas atteint la majorité requise des deux-tiers.

26 janv. 2006, 12:00

Rejeté après plus de trois heures de débat, le document réclamait notamment «une déclaration officielle en faveur de la condamnation internationale des crimes des régimes communistes totalitaires» ainsi que l'organisation d'une conférence internationale sur ces crimes.

Simple résolution

Il invitait également les ex-pays communistes, tous membres de l'organisation paneuropéenne à l'exception du Bélarus, à lancer des campagnes de sensibilisation, à ériger des monuments commémoratifs aux victimes et à réviser leurs manuels scolaires.

Les parlementaires ont en revanche adopté à la majorité simple une résolution condamnant les violations massives des droits de l'homme par les régimes communistes totalitaires et rendant hommage aux victimes. La résolution n'engage que les parlementaires alors qu'une recommandation est une proposition qui s'adresse au Comité des ministres.

De Prague à Zagreb, en passant par Berlin, Athènes ou Paris, les partis communistes s'étaient mobilisés depuis plusieurs semaines contre une possible condamnation des «crimes communistes».

Une cinquantaine d'orateurs s'étaient inscrits pour débattre du rapport du député suédois Göran Lindblad (PPE/DC, droite). «Nous ne condamnons pas les philosophes communistes mais des millions de morts. C'est cela qui est à l'ordre du jour aujourd'hui», a déclaré le parlementaire hongrois Zslot Németh (Parti populaire européen) avant de préconiser l'instauration d'«un jour de la mémoire».

«Ce texte condamne un peu plus que les régimes totalitaires. Il condamne aussi des hommes idéalistes qui se sont battus pour la liberté et dont certains sont dans cette assemblée,» lui a rétorqué Luis Maria de Puig, socialiste espagnol. Pas d'enquête approfondie

Le projet de résolution relevait que la chute des régimes communistes en Europe «n'a pas été suivie d'une enquête internationale exhaustive et approfondie, ni d'un débat sur les crimes commis par ces pays». Et les «crimes commis, ajoutait le texte, n'ont pas été condamnés par la communauté internationale, comme cela a été le cas pour les horribles crimes commis au nom du national-socialisme ».

René van der Linden, le président de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe avait insisté lundi sur le fait qu'il ne s'agissait pas d'un débat contre les régimes communistes «qui ont lutté contre le fascisme», mais «contre des crimes qui méritent une prise de position politique ferme». /ats-afp-reuters

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