Un plan stratégique adopté à Nagoya

30 oct. 2010, 04:15

Moritz Leuenberger termine son mandat en participant à un «immense succès». Pays du Nord et du Sud ont adopté, hier à Nagoya, au Japon, un accord sans précédent visant à protéger les espèces et les écosystèmes de la planète et à en partager plus équitablement les bénéfices.

Cette conférence a coïncidé avec la dernière sortie et le dernier discours du ministre de l'Environnement, après quinze ans d'activité. Selon le conseiller fédéral, cet accord représente une lueur d'espoir en vue de la conférence sur le climat de Cancun en décembre. La situation semblait pourtant «sans issue» au début de la conférence japonaise.

Les représentants de plus de 190 pays, à l'exception notable des Etats-Unis, qui n'ont jamais ratifié la Convention sur la diversité biologique (CBD) lancée en 1992 lors du Sommet de la Terre à Rio, ont adopté un «plan stratégique» en 20 points pour 2020. Ce plan vise à freiner le rythme alarmant de disparition des espèces.

Cet accord intervient dix mois après l'immense déception du sommet de Copenhague sur le réchauffement climatique. Pour Moritz Leuenberger, cela montre que des solutions consensuelles sont possibles au sein de l'ONU.

Les 190 pays se sont également mis d'accord sur un protocole contraignant sur le partage des bénéfices tirés par les industries de la pharmacie et des cosmétiques des ressources génétiques des pays du Sud: sont concernés les animaux, les plantes, et autres micro-organismes.

L'issue des discussions sur ce protocole ABS (accès et partage des avantages) était cruciale. Nombre de pays en développement - qui le réclamaient à cor et à cri depuis plusieurs années - avaient en effet clairement indiqué que le sort des autres décisions en dépendait.

Le plan stratégique 2020 fixe comme objectif une augmentation sensible des aires protégées de la planète. Elles représentent actuellement 13% de la surface totale des terres et un peu moins de 1% de la surface totale des océans: un compromis a été trouvé pour un objectif 2020 de 17% pour les terres et 10% pour les mers.

Plusieurs engagements laissent cependant la porte ouverte à de nombreuses interprétations. Des questions demeurent aussi sur son influence concrète sur les innombrables subventions à la pêche, en Europe en particulier, alors que la surpêche de nombreuses espèces est scientifiquement documentée. /ats-afp