Un partout à Old Trafford comme au Camp Nou

Dominer n'est pas gagner, le Bayern Munich et le FC Barcelone l'ont appris à leurs dépens ce soir. Mais si le match nul 1-1 des Bavarois à Manchester n'a rien d'une mauvaise affaire, celui des Catalans au Camp Nou contre l'Atletico apparaît plus préoccupant.
07 août 2015, 13:33
Manuel Neuer sort devant Danny Welbeck. Le gardien bavarois s'est fait l'auteur de sauvetages déterminants sur les quelques contres mancuniens ce soir à Old Trafford.

Manchester entretient l'espoir

Manchester United n'a pas encore abandonné tout espoir de jouer la Ligue des champions la saison prochaine. Mais les Red Devils auront besoin d'un exploit à Munich dans une semaine après le 1-1 qui a sanctionné leur quart de finale aller contre un Bayern qui n'a pas livré le meilleur match de sa saison.

Le défenseur serbe Vidic avait ouvert le score pour les Red Devils (58e), contre le cours du jeu. Mais le tenant du trophée a répliqué peu après par Schweinsteiger (67e). Le club allemand, pour qui Xherdan Shaqiri n'a pas quitté le banc des remplaçants - reste favori pour accéder au dernier carré, mais il devra faire preuve de davantage de percussion et d'efficacité devant son public.

Le scénario de la rencontre a été globalement conforme aux prévisions. Après un bon départ des Mancuniens, qui voyaient un but de Welbeck être annulé à la 3e (pied levé), le Bayern prenait ensuite la maîtrise du ballon, qu'il s'ingéniait à faire inlassablement tourner. Les rares fois où les Red Devils récupéraient la possession, ils la reperdaient presque tout de suite.

Le Bayern combinait, permutait, tissant sa toile avec patience. Mais les Allemands étaient bloqués à l'approche de la surface de Man U, dans laquelle ils n'arrivaient pas à entrer de manière dangereuse. Domination oui, possession oui, mais efficacité plus que limitée, peut-être due à l'absence d'un véritable attaquant de pointe. Un manque de précision dans la dernière passe ou de mauvais choix expliquaient aussi l'impuissance offensive bavaroise.

De Gea n'avait ainsi qu'un seul arrêt à effectuer en première mi-temps, sur l'habituelle frappe rentrante de Robben (31e). Vidic sauvait pour sa part devant Müller, idéalement placé pour reprendre un centre d'Alaba (37e). Finalement, l'action la plus nette avant la pause était pour les Red Devils: lancé par Rooney dans l'axe, Welbeck prenait le dessus sur Boateng et arrivait seul devant Neuer. Mais le gardien allemand s'interposait sur la tentative de tir lobé de l'attaquant (40e).

A la reprise, les Anglais tentaient d'évoluer un peu moins bas dans le terrain, et spéculaient sur un contre ou une balle arrêtée. Et sur un corner de Rooney, Vidic, libre de tout marquage, ouvrait le score de la tête (58e)!

Pep Guardiola réagissait: exit Müller, au profit de Mandzukic. L'attaquant croate était en jeu depuis moins de cinq minutes qu'il justifiait déjà sa présence, avec une intelligente remise de la tête pour Schweinsteiger - auteur d'une superbe reprise - sur le 1-1 (67e). Le milieu allemand rentrait prématurément aux vestiaires après un second carton jaune à la 90e.

Quatrième match nul entre Barcelone et l'Atletico

Impossible de les départager! Pour la quatrième fois de la saison, Barcelone et l'Atletico Madrid se sont quittés sur un match nul, en quart de finale aller de la Ligue des champions (1-1). Le but inouï inscrit à l'extérieur par Diego place toutefois les Matelassiers en position favorable pour le retour mercredi prochain dans la capitale.

La magie ne s'oublie pas. Diego, l'ancien maître à jouer de Werder Brême et du Brésil, prêté par Wolfsburg depuis janvier, a rappelé au monde entier l'étendue de sa classe en crucifiant le FC Barcelone et son porter Pinto, le remplaçant du blessé Victor Valdes. Un contrôle orienté et un coup de reins pour effacer Xavi, puis une frappe pure dans la lucarne: Diego, qui était entré en jeu à la 30e pour l'habituel buteur en série des Madrilènes Diego Costa (cuisse droite), a illuminé une soirée plutôt terne jusque-là.

Car, il ne faut pas s'y tromper, il n'est pas uniquement question dans ce duel d'une place en demi-finale, mais aussi et surtout de suprématie nationale. De la volonté d'un club aimant à se présenter comme celui qui se bat contre les puissants de renverser un roi ayant perdu de sa superbe. D'une équipe qui, alors que le Barça remportait le Mondial des clubs, errait à la dixième place de la Liga un peu plus de deux plus tôt, à l'arrivée de l'entraîneur Diego Simeone. Et qui désormais lui tient la dragée haute et mène le classement espagnol.

Cette lutte des classes façon ballon rond imprimée en filigrane à la grille de lecture de la rencontre, pas étonnant d'avoir assisté, en Catalogne, à un quatrième acte 2013/14 aussi disputé et haché que les trois précédents (0-0 1-1 0-0). Innombrables duels virils, fautes, beaucoup de fautes, et peu de jeu. Comme à chaque fois cette saison, les Barcelonais n'ont jamais réellement su percer l'impressionnant bloc madrilène, marque de fabrique de Simeone. Mais, acculés comme rarement, les Matelassiers y ont eux aussi laissé des forces qui leur ont manqué pour développer ces contres meurtriers dont ils ont le secret. Jusqu'à l'éclair de Diego.

Les malheurs du Barça avaient commencé dès la 5e, après une perte de balle ayant offert à David Villa une occasion en or d'ouvrir le score que le Guaje n'a pas exploitée (tir non cadré). Ils ont connu un prolongement avec la sortie sur blessure à la 10e du patron de la défense blaugrana Gerard Piqué, victime d'une contusion au bassin en retombant mal.

Les Barcelonais ont soigné leur maux grâce à Neymar à la 71e, sur un service du toujours plus précieux Iniesta, devenu la véritable pièce maîtresse du dispositif créatif de Tata Martino. Ils devront néanmoins faire face, mercredi prochain, à l'enfer de Vicente Calderon, où personne ne s'est imposé cette saison à part le Real en Coupe d'Espagne. Et devront tromper un Thibaut Courtois encore impeccable et décisif, notamment devant Iniesta (74e) et Messi (86e) en fin de partie.