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Un monde gigantesque

Légitime héritier de «Ico», «Shadow of the Colossus» démontre que si la création de jeu était un art, il en serait une des oeuvres majeures. Mais plaira-t-il à tout le monde? Fumito Ueda, créateur du célèbre «Ico» (unanimement adulé par la critique lors de sa sortie en 2003), décrit à merveille le sentiment qui flotte dans sa dernière oeuvre: «Nous avons voulu créer une atmosphère homogène

15 févr. 2006, 12:00

La mécanique du jeu brille par sa simplicité. Il faut retrouver seize colosses et mettre fin à leur errance afin de ramener à la vie une jeune femme, apparemment élue de votre coeur. Pour vous aider, vous ne possédez qu'un arc, une épée et votre fidèle monture.

L'atmosphère

Le jeu tient sur deux éléments indissociables: l'atmosphère et les colosses. Pour la première, la réussite est déstabilisante. D'immenses prairies presque dépourvues de végétation s'étendent jusqu'aux lointaines collines. Aucun signe de vie. Vous ne croiserez personne et des rares bâtisses, il ne reste que les ruines. Pas de musique, seulement le souffle du vent qui balaie en permanence ce paysage bucolique qui, malgré les apparences, se révèle varié.

En plaçant le héros chevauchant dans un coin inférieur de l'image, les créateurs approfondissent la sensation d'immensité des décors mais également la certitude d'être tout petit dans ce monde peuplé de géants.

Tout répond à une logique d'ambiance minutieusement respectée afin de donner le sentiment d'être un simple mortel à la recherche de seize dieux.

«Les vraies stars, ce sont les colosses»

Comme l'affirme Kenji Kaido, directeur du jeu, «Les vraies stars, ce sont les colosses». Mélange de mécanique de sang et de pierre, ils représentent chacun un véritable casse-tête. Face à ces monstres qui atteignent souvent la taille d'un immeuble de dix étages, il faut d'abord trouver la manière de monter dessus. Car tous possèdent un ou plusieurs points faibles, et c'est en grimpant le long de leur corps que l'on pourra les découvrir. Mais les colosses ne vont pas se laisser faire. Comme une vache assaillie de mouches, ils se secouent pour vous faire tomber, mais grâce à votre jauge de force, vous vous agripperez à leurs poils comme à votre dernier espoir. Il faudra profiter des moments de calme pour reprendre de l'énergie avant de repartir à l'attaque. Les affrontements se terminent dans une mise en scène titanesque, soutenue par une musique qui vous prend aux tripes.

La PlayStation 2 accueille là une oeuvre unique mais fragile. Certains n'aimeront guère le manque de charisme du personnage et les paysages épurés. Pas d'objets à collecter, aucune manière d'améliorer votre personnage et absolument aucun ennemi en dehors des colosses. Ces sacrifices au nom de l'oeuvre peuvent déranger certains joueurs. / LCR

«Shadow of the Colossus». Genre: aventure bucolique. Age conseillé: dès 10 ans. Machine: PlayStation 2. Joueurs: 1. Appréciation: 17/20.

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