Un boycott de la cérémonie d'ouverture des JO examiné

Les ministres des Affaires étrangères de l'Union européenne (UE) discuteront ce week-end d'un boycott de la cérémonie d'ouverture des JO de Pékin pour protester contre la répression au Tibet. Les Vingt-sept sont cependant divisés. Plusieurs dirigeants des anciens pays communistes ont annoncé leur intention de ne pas se rendre à Pékin: le président tchèque Vaclav Klaus, le président estonien Toomas Hendrik Ilves et le premier ministre polonais Donald Tusk. Le premier ministre britannique Gordon Brown s'est en revanche déclaré hier opposé à un boycott. «La Grande-Bretagne participera à la cérémonie d'ouverture», a-t-il annoncé au cours d'une conférence de presse à Londres en compagnie du chef de l'Etat français Nicolas Sarkozy.

28 mars 2008, 12:00

Les ministres chypriote et danois des Affaires étrangères se sont également prononcés hier contre un boycott. «Le dalaï lama est contre un boycott (des Jeux), alors pourquoi devrais-je être plus dalaï lama que le dalaï lama lui-même?», a expliqué le chef de la diplomatie danoise Per Stig Moeller. Premier dirigeant européen à ne pas exclure un boycott de cette cérémonie, Nicolas Sarkozy a modéré sa position hier et décidé de consulter ses partenaires européens. Les ministres des Affaires étrangères des 27 vont se réunir aujourd'hui et demain en Slovénie pour tenter de dégager une position commune. Le premier ministre tibétain en exil Samdhong Rinpoche a déploré cette valse-hésitation et accusé les Européens de craindre de perdre le marché chinois. Pékin de son côté reste ferme face aux appels européens à ouvrir le dialogue avec le dalaï lama, le leader en exil des Tibétains. Les autorités chinoises affirment qu'elles n'accepteront «aucune ingérence étrangère» au Tibet.

La question du Tibet reste par ailleurs taboue au Conseil des droits de l'homme à Genève, où aucun pays n'a relayé la demande du président du parlement tibétain en exil Karma Chophel d'envoyer une mission internationale à Lhassa pour enquêter sur la répression des émeutes du 14 mars. Une demande de session spéciale présentée par 65 ONG n'a pas eu plus de succès.

Dans la capitale tibétaine, des moines tibétains ont perturbé hier une opération de communication organisée par la Chine, exprimant leur soutien au dalaï lama devant des journalistes étrangers. L'incident s'est produit au temple de Jokhang, un haut-lieu du bouddhisme tibétain, dans le cœur historique de la ville. /ats-afp-reuters