Ukraine: Donetsk bombardé, un employé suisse du CICR tué

Les bombes sont à nouveau tombées sur Donetsk ce jeudi à l'ouest de l'Ukraine. Un employé suisse, apparemment un Genevois, du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a été tué.

02 oct. 2014, 19:57
Le centre-ville de Donetsk a été bombardé jeudi, a annoncé la mairie de la principale ville d'Ukraine aux mains des indépendantistes prorusses.

Un employé suisse du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a été tué jeudi lors d'un bombardement dans le centre de Donetsk, la principale ville aux mains des rebelles prorusses dans l'est de l'Ukraine, a indiqué un responsable des services de secours. Le CICR confirme ce drame sur Twitter.

Une équipe de l'AFP a vu le corps de la victime, gisant dans une mare de sang, face contre terre, à l'extérieur du bâtiment où le CICR a ses bureaux. Un responsable des services de secours ukrainiens, Andriï Livtchenko, a indiqué qu'il s'agissait "d'un citoyen de Genève qui faisait partie de la mission locale du CICR". D'autres sources évoquent qu'il s'agirait d'un employé tessinois.

Sur son compte Twitter, le CICR a confirmé depuis son siège genevois "un incident tragique" survenu dans son bureau de Donetsk, sans donner davantage de détails sur l'origine du défunt.

Sur place, les vitres de l'immeuble ont été soufflées ainsi que celles de bâtiments environnants, lors du premier bombardement à frapper le centre-ville de Donetsk depuis la trêve signée à Minsk, en Biélorussie, le 5 septembre entre l'Ukraine, la Russie et les rebelles prorusses.

Centre commercial touché

C'est la première fois que le centre de Donetsk est ainsi frappé depuis la signature le 5 septembre à Minsk, en Biélorussie, d'une trêve entre belligérants. Dans un communiqué, la municipalité a précisé que plusieurs obus étaient tombés peu avant 18h00 heure locale (16h00 en Suisse), dont un sur un centre commercial.

Ces tirs surviennent sur fond d'intenses combats depuis le début de la semaine aux alentours de l'aéroport de Donetsk. Jeudi, une épaisse fumée provenant de l'aéroport planait sur une bonne partie de la ville. On pouvait entendre des tirs réguliers d'artillerie lourde et des rafales d'armes automatiques à trois kilomètres du site, selon des journalistes de l'AFP.

D'après un porte-parole militaire ukrainien Vladislav Seleznev, les rebelles ont attaqué avec des chars et ont bombardé les forces gouvernementales qui contrôlent le terminal principal. "La situation dans l'aéroport est tendue, ils ont lancé un deuxième assaut dans la matinée", a-t-il souligné. En début d'après-midi, les combats qui ont fait "des blessés" se poursuivaient, selon un autre porte-parole ukrainien, Andriï Lyssenko.

Arrêt d'autobus

"Hier (mercredi), des troupes (rebelles) ont pénétré dans un des terminaux de l'aéroport, mais nous ne pouvons confirmer s'ils sont encore à l'intérieur ou s'ils ont quitté les lieux", a indiqué de son côté une porte-parole des séparatistes.

La veille aussi, des engins explosifs se sont abattus sur un arrêt d'autobus, faisant six morts, et sur une école, provoquant le décès de quatre adultes le jour de la rentrée des classes. Les rebelles ont accusé l'armée ukrainienne d'être à l'origine de ces tirs.

Amnesty International a repris cette accusation, estimant cependant que les rebelles qui "placent des cibles militaires dans des quartiers d'habitations" devaient en "partager la responsabilité".

Rencontre tripartite reportée

Dans ce climat très incertain, la réunion entre la Russie, l'Ukraine et l'Union européenne prévue jeudi à Bruxelles pour tenter de régler le contentieux gazier entre Kiev et Moscou a été reportée, a indiqué une source européenne. La date et le lieu de cette future rencontre trilatérale n'ont pas encore été déterminés.

La Commission européenne a simplement précisé que le ministre de l'Energie ukrainien Iouri Prodan allait venir à Bruxelles vendredi pour participer à une conférence internationale. Il y rencontrera le commissaire européen à l'Energie Gunther Oettinger pour "préparer la prochaine réunion à trois avec la Russie", selon la Commission.

L'Ukraine n'est pas encore en mesure de donner son accord à la proposition de règlement discutée lors de la précédente réunion le 26 septembre, a confié une source européenne proche du dossier. "Cela ne sert à rien de faire venir Alexandre Novak (le ministre russe de l'Energie) à Bruxelles. L'objectif de la prochaine trilatérale est de conclure un accord, pas de négocier", a-t-elle résumé.

Pas être à court de gaz

La proposition de règlement sur la table prévoit le paiement par Kiev de 3,1 milliards de dollars de factures impayées dues à Gazprom, dont deux milliards avant fin octobre. En contrepartie, Gazprom s'engage à reprendre les livraisons de gaz à l'Ukraine avec une livraison minimale de 5 milliards de m3 payables au prix de 385 dollars les 1000 m3.

"Ce plan doit permettre à l'Ukraine et à tous les pays européens qui dépendent du transit par l'Ukraine de ne pas se retrouver à court de gaz pendant les six prochains mois", selon M. Oettinger. Ce dernier espère arracher un accord avant la fin de son mandat le 1er novembre.