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Terrorisme: Burkhalter pour une stratégie commune

Présent lors du sommet contre le terrorisme à Washington, Didier Burkhalter a plaidé our une stratégie commune.

20 févr. 2015, 06:51
Swiss Foreign Minister Didier Burkhalter addresses his statement, during the opening ceremony of the World Congress on Juvenile Justice, in Geneva, Switzerland, Monday, January 26, 2015. (KEYSTONE/Salvatore Di Nolfi)

Les Etats-Unis ont voulu jeudi galvaniser la communauté internationale contre le "terrorisme" djihadiste, lors d'un sommet à Washington qui devait encore accoucher d'une stratégie concrète pour cette "nouvelle guerre contre un nouvel ennemi". Présent, Didier Burkhalter plaide pour une stratégie commune.

Barack Obama et son secrétaire d'Etat John Kerry ont bouclé trois jours de réunion internationale "contre l'extrémisme violent" en présence de représentants d'une soixantaine de gouvernements et d'organisations, dont le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon.

Le rendez-vous était préparé de longue date par la Maison Blanche et le département d'Etat américain et qui a pris toute sa résonance après les attentats de Paris et Copenhague et en pleine mobilisation militaire contre le groupe Etat islamique (EI) en Irak et en Syrie.

"Inébranlables"

"Nous sommes ici parce que nous sommes unis contre le fléau de l'extrémisme violent et du terrorisme", a lancé Barack Obama à son auditoire. Il a exhorté les gouvernements alliés de rester "inébranlables dans le combat contre des organisations terroristes".

Mais, a prévenu le président américain, cette lutte "n'a rien à voir avec le fait d'être juif, chrétien ou musulman: nous sommes tous dans le même bateau et nous devons nous épauler pour sortir de cette crise".

Il a bien pris soin de ne jamais parler de lutte contre l'islamisme radical, une précaution de langage que lui reproche son opposition républicaine. Aux yeux de Barack Obama, "l'idée selon laquelle l'Occident est en guerre avec l'islam est un horrible mensonge".

"Les communautés musulmanes, y compris les intellectuels et les dignitaires religieux, ont la responsabilité de lutter non seulement contre les interprétations erronées de l'islam mais aussi contre les mensonges selon lesquelles nous serions engagés dans un choc des civilisations", a insisté M. Obama, qui, dès 2009 dans un discours resté fameux au Caire, avait tendu la main au monde musulman.

Combat fondamental

Son chef de la diplomatie, John Kerry, a inscrit la lutte contre le "terrorisme" dans un contexte historique plus large: "Le 20e siècle s'est défini par la lutte contre la grande dépression économique, l'esclavage, le fascisme et le totalitarisme. C'est maintenant à notre tour (...). On nous demande aujourd'hui de mener une nouvelle guerre contre un nouvel ennemi", s'est exclamé M. Kerry, parlant du "combat fondamental de notre génération".

Pour son homologue jordanien, Nasser Judeh, il s'agit même de la "Troisième guerre mondiale (...), notre guerre en tant que musulmans, (...) notre guerre collective en tant que communauté internationale".

De fait, a renchéri Ban Ki-moon, "l'émergence d'une nouvelle génération de groupes terroristes comme Daech (acronyme arabe de l'EI) et (le groupe islamiste nigérian) Boko Haram représente une grave menace pour la paix et la sécurité mondiale".

Une vague humaine

Washington estime que plus de 20 000 combattants étrangers de plus de 100 pays ont rejoint l'EI en quelques mois, dont 4000 venus d'Europe. C'est "sans précédent", a déclaré John Kerry et c'est autant que le nombre de djihadistes partis "se battre en Afghanistan dans les années 1980 (...) au cours d'une décennie".

Présent à Washington, le ministre français de l'Intérieur Bernard Cazeneuve a indiqué vouloir se rendre ce vendredi à San Francisco pour y rencontrer des responsables de Google, Facebook et Twitter.

"Aujourd'hui, le terrorisme est diffus et en accès libre", a-t-il déploré, en appelant à "peser collectivement sur les opérateurs" pour lutter "contre la propagande et le recrutement des terroristes sur Internet".

Modèle suisse

Combattre le terrorisme est aussi devenu une "priorité" en Suisse, a déclaré le chef du Département fédéral des affaires étrangères (DFAE), Didier Burkhalter. "Nous devons prendre des mesures efficaces pour bloquer le financement du terrorisme et renforcer nos lois", a-t-il dit.

Devant ses homologues, il a brossé le modèle suisse en quelques lignes: "une bonne intégration économique ainsi qu'une planification urbaine prudente" ont évité que des ghettos ne voient le jour.

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