Syrie: missiles de croisière et raids aériens contre les raffineries contrôlées par l'Etat islamique

La coalition emmenée par les Etats-Unis a à nouveau frappé l'Etat islamique au porte-monnaie. Des raids aériens et des missiles de croisière ont visé les raffineries contrôlées par les djihadistes dans l'est de la Syrie.

26 sept. 2014, 08:33
Les frappes visent depuis mercredi les raffineries des djihadistes.

Des raids aériens ont ciblé des camps des combattants djihadistes de l'Etat islamique et des champs de pétrole qu'ils contrôlent dans l'est de la Syrie, rapporte vendredi l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH). L'offensive a probablement été menée par les Etats-Unis et leurs alliés.

Plusieurs attaques ont visé des positions de l'Etat islamique (EI) près de la ville d'Al Mayadine, dans la province orientale de Daïr az Zour, précise l'OSDH. Cette organisation basée à Londres dispose d'un réseau d'informateurs en Syrie.

Des combattants de l'EI, mais aussi d'autres groupes islamistes syriens - dont le Front al Nosra, lié à Al Qaïda -, ont aussi été bombardés près de la ville d'Hasakah, dans la province du même nom, à l'extrémité nord-est de la Syrie, ajoute l'OSDH.

Hasakah est située à environ 70 km au sud-est de Kobani, à la frontière avec la Turquie. Cette ville kurde, dont les défenseurs ont appelé les Etats-Unis et leurs alliés à l'aide, est assiégée depuis une semaine par l'EI.

Des avions et des missiles avaient auparavant frappé les puits de pétrole d'Al Tanak et d'Al Kouriyah, dans la province de Daïr az Zour. Ces raids ont fait un nombre encore indéterminé de victimes, selon l'OSDH.

Contrebande d'or noir

La province de Daïr az Zour, frontalière avec l'Irak et désormais presque totalement contrôlée par les djihadistes, était la principale région productrice de pétrole de Syrie avant le début du conflit il y a trois ans et demi. La contrebande d'or noir est aujourd'hui l'un des principaux moyens de financement de l'EI.

Les Etats-Unis et leurs alliés arabes d'Arabie saoudite et des Emirats arabes unis avaient frappé mercredi soir pour la première fois des raffineries contrôlées par l'EI en Syrie. L'objectif était d'assécher l'une de ses principales sources de revenus.

Depuis leur début mardi, les frappes de la coalition en Syrie ont tué 141 jihadistes, dont 129 étrangers. Parmi ces derniers, 84 étaient affiliés à l'EI.

Engagement britannique attendu

Alors que le président américain Barack Obama a appelé mercredi "le monde" à se joindre au combat contre "le réseau de la mort", le Parlement britannique s'apprête à voter en faveur d'une participation à la campagne aérienne en Irak, menée par les Etats-Unis et France.

En convoquant les députés en session extraordinaire, le Premier ministre David Cameron les a appelés à ne pas être "pétrifiés de peur" à l'idée de commettre la même erreur qu'en 2003. Pour mémoire, ils avaient approuvé l'engagement britannique dans la guerre en Irak auprès des Etats-Unis, toujours très controversé.