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«Sincère et respectueux»

Le pape Benoît XVI a reçu hier les représentants de vingt-deux pays islamiques. Il a appelé chrétiens et musulmans au dialogue pour lutter contre l'intolérance Benoît XVI a plaidé hier pour un dialogue «sincère et respectueux» entre chrétiens et musulmans, qu'il a qualifié de «nécessité vitale». Le pape s'exprimait devant les représentants de 22 pays musulmans, après la polémique suscitée par ses récents propos sur l'islam.

26 sept. 2006, 12:00

Lors d'une réunion exceptionnelle à Castel Gandolfo, la résidence d'été des papes, dans les environs de Rome, le souverain pontife a invité chrétiens et musulmans à «travailler ensemble», «pour se garder de toute forme d'intolérance et s'opposer à toute manifestation de violence».

Son discours a été accueilli favorablement par l'ambassadeur irakien Albert Yelda: «C'est ce que nous attendions», «il est temps de bâtir des ponts», a déclaré Albert Yelda, lui-même chrétien, interrogé par des journalistes à l'issue de cette rencontre et le seul diplomate à accepter de réagir immédiatement.

«Très clair et très brillant»

«Le Saint-Père a fait un discours très clair et très brillant. Le dialogue continue. C'est une priorité aussi bien pour les musulmans que pour les chrétiens», a pour sa part commenté Mohamed Nour Dachan, président de l'Union des communautés et organisations musulmanes d'Italie.

L'audience d'une demi-heure, qui n'a pas donné lieu à un véritable échange entre le souverain pontife et ses invités, avait été organisée par le Vatican pour tenter de mettre un point final à la vive polémique provoquée dans le monde musulman par les propos tenus par Benoît XVI le 12 septembre sur l'islam, la plus grave depuis le début du pontificat du pape allemand en avril 2005.

Ces propos prononcés par Benoît XVI à Ratisbonne, dans sa Bavière natale, dans le cadre d'une conférence théologique sur le thème du rapport entre foi et raison, ont été compris comme liant l'islam à la violence et ont provoqué une vague d'indignation dans le monde musulman.

Depuis, Benoît XVI a exprimé à deux reprises ses regrets - mais pas ses excuses - pour les réactions que ses propos ont suscitées, sans parvenir à calmer tout à fait la polémique.

Hier le pape, qui s'exprimait en français, langue diplomatique du Vatican, a brièvement évoqué cette polémique. «Les circonstances qui ont suscité notre rencontre sont bien connues», a-t-il dit. «Dans ce contexte particulier, je voudrais aujourd'hui redire toute l'estime et le profond respect que je porte aux croyants musulmans», a-t-il ajouté, déclarant vouloir poursuivre «l'oeuvre entreprise» par Jean Paul II en faveur du dialogue interreligieux. Il a souhaité que «les relations confiantes qui se sont développées entre chrétiens et musulmans depuis de nombreuses années non seulement se poursuivent mais se développent dans un esprit de dialogue sincère et respectueux».

Invitation

Le pape a insisté sur le besoin impératif d'un «dialogue authentique» dans «un monde marqué par le relativisme et excluant trop souvent la transcendance de l'universalité de la raison». Et il a invité les autorités religieuses et les responsables politiques à assumer leurs responsabilités pour aider les peuples à combattre «toute forme d'intolérance et s'opposer à toute manifestation de violence».

En dépit de cette vive polémique, le pape a décidé de maintenir sa visite en Turquie, prévue en novembre. Mehmet Ali Agça, Turc qui avait tenté d'assassiner Jean Paul II en mai 1981 à Rome, a conseillé à Benoît XVI de ne pas faire le voyage en Turquie, estimant que sa vie y serait menacée. / ats-afp-reuters

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