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«Sarkozy est un homme dangereux pour la France»

Azouz Begag, l'ex-ministre à la Promotion de l'égalité des chances (il a quitté le gouvernement le 5 avril), détaille dans son livre «Un mouton dans la baignoire» (Fayard) ses rapports exécrables avec l'ancien ministre de l'Intérieur, Nicolas Sarkozy. Entretien.

13 avr. 2007, 12:00

Avez-vous choisi de démissionner ou y avez-vous été contraint? C?est ma décision, j?y avais réfléchi longtemps à l?avance. Je voulais faire un geste politique avec la sortie de mon livre. Vu ses critiques envers le monde politique, je ne pouvais pas rester au gouvernement.

Quand avez-vous commencé à le rédiger? Peu de temps après les violences urbaines de 2005. Tout d?un coup, après ma critique publique des propos de Sarkozy sur la «racaille» et le «Karcher», je suis devenu infréquentable dans le Sarko-système. J?ai été placé sous l?étouffoir pendant dix-huit mois.

La sortie de votre livre est-il un pied de nez à Nicolas Sarkozy avant le premier tour de la présidentielle? Non, pas du tout. Vous savez, quand on est un ministre d?origine arabe, c?est dur. Ce livre, je voulais aussi le présenter comme une histoire personnelle qui servirait à d?autres qui occuperaient des fonctions aussi difficiles. C?est une carte des récifs et des balises à connaître. Ça sert aussi à informer les Français de ce que j?ai vu du candidat Sarkozy, de ce que j?ai ressenti de l?être humain, en tout cas de ce qu?il en reste.

Quelles sont les paroles les plus dures que vous ait dites l?entourage de Sarkozy? Ce sont celles de Brice Hortefeux, son bras droit. «Allez, fissa, sors de là, dégage d?ici! Je te dis dégage!» Il me les a dites le 11 octobre 2006 à l?Assemblée nationale. Mais tout au long de l?année précédente, Nicolas Sarkozy me disait à chaque fois au conseil des ministres: «Ah! tu es encore là, toi!»

Une autre fois, il a menacé de vous «casser la gueule». Oui, c?était le lendemain où j?avais déclaré à Marseille que je ne m?appelais pas Azouz Sarkozy, et que si des gens avaient des questions à propos du projet de loi sur l?immigration il fallait qu?ils s?adressent à Nicolas Sarkozy.

Avez-vous parlé de ces agressions verbales? J?en ai informé directement l?Elysée et Matignon. Je ne dirai pas de noms.

Que vous ont répondu l?Elysée et Matignon? Qu?il ne fallait pas tenir compte de ces agressions. Qu?il fallait laisser couler. Moi, j?ai laissé couler l?encre de mon stylo.

A vous entendre, Sarkozy est un danger pour la France. Quand un ministre de l?Intérieur affirme devant des ministres, que moi Azouz Begag, j?ai des antécédents psychiatriques, et qu?il faut associer immigration et identité nationale dans un même ministère, alors oui, je dis que cet individu est dangereux. Et il a la maîtrise et le soutien de tant de pouvoirs médiatiques et économiques qu?il peut marquer son emprise sur la société française, sans supporter la moindre contestation. C?est donc un devoir personnel et politique majeur d?en informer les électeurs avant l?élection.

Comment expliquez-vous qu?on ait très peu entendu parler de vos actions pour l?égalité des chances? J?ai été victime d?une fatwa médiatique éhontée de la part de plusieurs journaux et chaînes de télévision.

En raison d?un jeu de pouvoir? Evidemment. Beaucoup de journalistes, ayant reçu des pressions, se sont autocensurés. C?est scandaleux alors que tout le monde parle d?égalité des chances et de diversité. Et l?on n?associe pas mon nom à tout cela? J?ai eu aussi le malheur de faire de l?ombre à Jean-Louis Borloo (ministre de l?Emploi). Cet homme a tout fait pour me savonner la planche...

Qu?allez-vous faire maintenant? Je suis en campagne avec François Bayrou, qui sera président de la République le 6 mai. /AME-Le Nouvelliste

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