Reprise en vue, sauf en Suisse

Les signes d'une reprise de l'activité économique dans le monde se font de plus en plus nombreux depuis quelques jours. Ils alimentent l'espoir d'une fin de la crise. En Suisse par contre, la reprise n'est pas encore au rendez-vous.
03 sept. 2009, 12:22

La Bourse et certains chefs d'Etat, dont Barack Obama, saluent déjà cette embellie même si, dans l'immédiat, le chômage reste élevé et continue de croître.

Très attendu, l'indicateur de l'activité industrielle aux Etats- Unis publié mardi a montré une hausse en août après 18 mois de baisse. Selon ce baromètre, la machine industrielle américaine serait revenue à son régime d'avant la crise des crédits immobiliers. Le président américain Barack Obama y a aussitôt vu le «signe que nous sommes sur la voie de la reprise économique».

Autre signe encourageant, le marché immobilier s'est stabilisé, avec un net rebond des promesses de ventes de logements en juillet, pour le sixième mois de suite.

En zone euro, le PIB a certes reculé de 0,2% au 2e trimestre, marquant un cinquième trimestre consécutif de recul, mais le rythme de baisse a nettement ralenti comparé au plongeon de 2,5% au premier trimestre.

Les deux principales économies de la zone euro, l'Allemagne et la France, à la surprise générale, ont vu un retour à leur croissance au 2e trimestre.

L'Allemagne a annoncé la semaine dernière une croissance de 0,3% au 2e trimestre, après un an de baisse. Elle a aussi vu une nouvelle remontée en août du baromètre de confiance Ifo, principal indice du climat des affaires.

Mi-août, contrairement à toutes les prévisions, la France a annoncé être sortie de la récession avec une croissance de 0,3%, après quatre trimestres négatifs.

A l'inverse de ses deux grands voisins, la Suisse a annoncé mardi la quatrième baisse trimestrielle consécutive, avec un PIB en recul de 0,3% par rapport au 1er trimestre et de 2% par rapport au 2e trimestre 2008. La contraction est toutefois moins marquée qu'attendu.

En Chine, la croissance a remonté à 7,9% en rythme annuel au deuxième trimestre, contre 6,1% au premier trimestre, son plus bas niveau depuis dix ans, et le gouvernement attend 8,5% au troisième trimestre.

En Inde, la croissance a ralenti au 2e trimestre mais reste forte, à +6,5%. Le premier ministre Manmohan Singh a prédit «un lent retour à la normale dans les mois à venir» et une croissance de 8% pour 2010-2011.

Le Canada vient d'enregistrer de nouveau une croissance en juin pour la première fois depuis presque un an. Même l'Australie a enregistré une croissance pour le deuxième trimestre consécutif, à 0,6% au 2e trimestre.

Ces chiffres positifs restent assombris par la montée du chômage, qui réagit toujours avec un décalage par rapport à l'évolution de la conjoncture. Il devrait encore continuer à grimper pendant un certain temps, selon les économistes.

En zone euro, il a atteint 9,5% en juillet, son plus haut niveau depuis 10 ans, avec plus de 15 millions de personnes sans emploi, selon Eurostat.

Certains pays restent dans le marasme, surtout l'Espagne, où le chômage atteint 18,5%, et qui pourrait ne retrouver la croissance qu'en 2010.

La hausse du chômage «est limitée dans un certain nombre de pays par les mesures gouvernementales», «la confiance des entrepreneurs s'est nettement améliorée» et «les entreprises semblent être devenues un peu moins enclines à supprimer des emplois», relève Howard Archer, de l'institut IHS Global Insight.

«Mais le chômage menace sérieusement les perspectives de croissance» car «il «contribue à ralentir l'augmentation des salaires».

Autre inconnue, nul ne sait comment réagira l'économie quand les plans de relance et autres primes à la casse seront épuisés. La stratégie de sortie de crise et la fin des mesures de relance seront discutées au sommet du G20 à Pittsburgh les 24 et 25 septembre. /ats