Rassemblement: les caricatures ont freiné le Maroc

Salaheddine Mezouar, ministre des Affaires étrangères du Maroc, n'a pas assisté au rassemblement contre le terrorisme dimanche à Paris. Il a refusé en raison des caricatures du prophète Mahomet présentes dans le défilé.
11 janv. 2015, 22:21
Le ministre marocain des Affaires étrangères Salaheddine Mezouar explique son geste.

"La délégation marocaine a présenté dimanche à l'Élysée les sincères condoléances du Royaume du Maroc" à la France, mais "n'a pas pris part à la marche organisée à Paris en raison de la présence de caricatures blasphématoires du prophète", selon le communiqué officiel de l'ambassade marocaine.

Des dizaines de responsables étrangers, dont des musulmans, ont participé à ce défilé monstre contre le terrorisme après les attaques terroristes sanglantes qui ont frappé la France.

Les autorités marocaines avaient prévenu samedi qu'elles ne participeraient pas à la marche si des caricatures y étaient montrées. "Charlie Hebdo", dont la rédaction a été décimée dans un attentat mercredi, avait publié à plusieurs reprises depuis 2006 des caricatures du prophète.

Crise diplomatique profonde

Le chef de la diplomatie française Laurent Fabius a néanmoins reçu en tête à tête son homologue marocain dimanche matin, a-t-on appris de sources française et marocaine. Elles n'ont pas donné de détails sur cet entretien "centré sur les suites des attentats en France et la coopération bilatérale", selon le Quai d'Orsay.

Paris et Rabat sont plongés dans une crise diplomatique profonde depuis près d'un an, après le dépôt à Paris de plaintes pour torture à l'encontre de hauts responsables marocains, notamment le patron du contre-espionnage du royaume, Abdellatif Hammouchi.

En réaction, Rabat a suspendu la coopération judiciaire avec Paris, réclamant une révision de fond en comble. D'autres accrocs ont eu lieu par la suite, et les tentatives d'apaisement n'ont pour l'heure pas permis de faire baisser la tension.