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Putsch de 1980 en Turquie: prison à vie pour l'ex-président Evren

Survivants de la junte, l'ex-président turc Kenan Evren et un ex-chef d'état-major de l'armée de l'air ont été condamnés à la prison à perpétuité, mercredi à Ankara pour leur implication dans le coup d'Etat militaire sanglant de 1980.

18 juin 2014, 13:53
Turkish Prime Minister Recep Tayyip Erdogan, right, with President Ahmet Necdet Sezer, left, and Kenan Evren, leader of the 1980 military coup, during a funeral service for Nurettin Ersin, a former army commander and one of five leaders of the coup, at the Kocatepe Mosque in Ankara, Turkey Wednesday, Oct. 5, 2005. Turkish politicians and analysts warned on Wednesday that Turkey's decades-long road to European Union membership will be long, arduous and uncertain of success, two days after the union started membership negotiations with Turkey. (AP Photo/Burhan Ozbilici)

L'ex-président turc Kenan Evren et un ex-chef d'état-major de l'armée de l'air ont été condamnés à la prison à perpétuité, mercredi à Ankara. Ces survivants de la junte affrontaient la justice pour leur implication dans le coup d'Etat militaire sanglant de 1980.

Ils ont été reconnus coupables de "renversement de l'ordre constitutionnel", par une cour criminelle d'Ankara. Les deux prévenus étaient accusés d'avoir préparé le terrain à l'intervention de l'armée. Le verdict a été rapporté mercredi par la chaîne publique TRT.

Dans sa dernière plaidoirie mercredi, le procureur avait requis la même peine contre l'ex-général Kenan Evren, 96 ans, chef de la junte et ancien président turc, et contre l'ancien commandant de l'armée de l'air Tahsin Sahinkaya, 89 ans.

Des applaudissements

Le verdict a été accueilli par les applaudissements du public qui avait rempli la salle d'audience. "Ce n'est qu'un début, les putschistes vont rendre des comptes à la justice", a scandé le public.

Après le réquisitoire, l'avocat Bülent Acar a une dernière fois défendu les deux accusés en récusant la compétence du tribunal. "Cette cour n'est pas compétente à juger les suspects. Seule la Constitution élaborée par le pouvoir constituant (adoptée en 1982 par le pouvoir militaire et toujours en vigueur, ndlr.) permet leur jugement", a plaidé M. Acar.

Accusés à l'hôpital

En raison de leur état de santé, les deux ex-généraux n'ont pas assisté à cette audience au tribunal, mais par vidéoconférence, depuis leur chambre d'hôpital. Ils devraient être dispensés d'effectuer leur peine pour les mêmes raisons.

En novembre 2012, les deux ex-officiers supérieurs avaient assumé leur intervention sans remords, affirmant avoir agi par amour de la patrie. "Nous avons fait ce qui était juste à l'époque. Si c'était à refaire aujourd'hui, je ferais la même chose", avait lancé M. Evren depuis son lit d'hôpital.

L'armée a conduit trois coups d'Etat depuis 1960 et réussi à provoquer en 1997 la démission du gouvernement islamiste alors au pouvoir. A l'issue du putsch de 1980, cinquante personnes ont été exécutées, 600'000 arrêtées, des dizaines ont succombé à la torture et de nombreuses autres ont disparu.

 
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