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Procès du "Carlton": la théorie du complot resurgit

La théorie du complot resurgit dans le procès de l'affaire Dominique Strauss-Kahn. L'ancien patron du FMI, accusé de proxénétisme, aurait été "abattu" selon un des prévenus.

06 févr. 2015, 20:47
Les théories du complot viennent assombrir le procès du Carlton. Dominique Strauss-Kahn devrait apparaître au barreau la semaine prochaine.

"Tout est orchestré, tout est organisé", a affirmé devant le tribunal correctionnel de Lille (nord de la France) Emmanuel Riglaire, un avocat qui figure lui aussi parmi les prévenus. Il a dénoncé une affaire montée dans le but de "cueillir" l'ancien directeur général du Fonds monétaire international, qui sera entendu à la barre la semaine prochaine.

"Je pense qu'il n'y a pas eu de complot contre un homme politique au départ mais que cela le devient après". Il s'est emporté contre "un cabinet noir à Paris" qui, selon lui, s'intéressait de près au dossier et organisait des fuites dans la presse.

"C'est la destruction d'un presque candidat à la présidentielle quand il est mûr", a-t-il ajouté, en allusion à la carrière politique ruinée de l'ancienne vedette de la gauche française.

Dénonciation anonyme

Longtemps favori des sondages pour la présidentielle de 2012 en France, M. Strauss-Kahn a vu ses ambitions anéanties en 2011, lorsqu'une femme de chambre d'un grand hôtel de New York l'a accusé de viol.

C'est parallèlement à ce tonitruant scandale américain qu'avait éclaté en France l'affaire jugée à Lille, dite du "Carlton" en référence à un luxueux hôtel de la ville.

L'un des responsables de l'établissement, René Kojfer, est accusé d'y avoir fait venir des prostituées fournies par Dominique Alderweireld, tenancier français de maisons closes en Belgique, surnommé "Dodo la Saumure", pour satisfaire quelques clients.

L'enquête au cours de laquelle le nom de M. Strauss-Kahn avait émergé avait été ouverte par la police de Lille sur la base de renseignements anonymes.

DSK à la barre mardi

Poursuivi pour proxénétisme aggravé, l'ancien patron du FMI doit être interrogé à la barre à partir de mardi lors d'une audience clé pour l'issue de ce procès fleuve de trois semaines.

Dominique Strauss-Kahn n'est apparu jusqu'ici que brièvement au procès, lors de son ouverture lundi. Il a assuré n'être "jamais" allé au Carlton et a nié connaître le tandem Kojfer-"Dodo la Saumure", organisateurs présumés de parties fines auquel il aurait participé.

Selon l'accusation, plusieurs soirées se sont tenues au bénéfice de DSK, avec trois notables lillois de ses proches eux aussi poursuivis: David Roquet, un homme d'affaires, Fabrice Paszkowski, un entrepreneur, et Jean-Christophe Lagarde, un policier.

Les quatre hommes se retrouvaient dans le nord mais aussi à Paris ou à Washington, siège du FMI, où trois voyages ont été organisés alors que M. Strauss-Kahn dirigeait encore l'institution.

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