Pro-européen nouveau président de la Pologne

Le candidat libéral à l'élection présidentielle en Pologne, Bronislaw Komorowski, a été élu hier après un duel serré avec le conservateur Jaroslaw Kaczynski, frère jumeau du président tué dans un accident d'avion en avril, selon deux sondages. Kaczynski a immédiatement félicité son rival.
02 août 2015, 19:23

Bronislaw Komorowski, 58 ans, candidat du parti pro-européen au pouvoir Plateforme civique, a recueilli 53,1% des voix contre 46,9% pour Jaroslaw Kaczynski, 61 ans, selon le sondage de l'institut TNS OBOP diffusé par la chaîne publique de télévision TVP. Le taux de participation a été de 56,2%, précise cette même enquête.

Un autre sondage effectué à la sortie des bureaux de vote pour la chaîne privée TVN donne un score de 51,09% à Komorowski et de 48,91% à son adversaire du parti eurosceptique Droit et Justice. La participation a été de 52,4% selon cette enquête.

Jaroslaw Kaczynski a félicité Bronislaw Komorowski pour sa victoire, dans un discours prononcé dès l'annonce des résultats des sondages. «Il me faut faire ce que la politesse impose, à savoir féliciter le vainqueur», a-t-il lancé.

«Les divisions sont un élément inséparable de la démocratie. Mais j'ai l'impression que ces différences, ces divisions, cette douleur de la division sont trop grands», a déclaré de son côté Bronislaw Komorowski. «Il y a un grand travail à faire pour que ces divisions ne nous empêchent pas de coopérer, n'entravent pas la construction d'une entente nationale», a-t-il ajouté.

Cette élection faisait suite à l'accident d'avion qui a coûté la vie le 10 avril en Russie au président Lech Kaczynski, à son épouse et à 94 autres personnes dont de nombreux hauts responsables politiques et militaires, et traumatisé le pays.

La victoire de Bronislaw Komorowski, candidat du parti libéral Plateforme civique (PO), soutenu principalement par les bénéficiaires des réformes économiques menées en Pologne après la chute du communisme, permettra si elle se confirme à cette formation de prendre entièrement les rênes du pays.

Les derniers sondages avant le scrutin annonçaient une lutte serrée et les analystes s'accordaient à dire que l'abstention allait jouer un rôle clé en cette période de vacances et pourrait agir en faveur de Jaroslaw Kaczynski, dont les électeurs sont plus disciplinés.

La campagne électorale, plus calme que d'habitude car marquée par la mort du chef de l'Etat puis assombrie par des inondations dévastatrices, a malgré tout creusé les divisions entre une Pologne conservatrice, celle des petites villes et campagnes, dans l'ensemble plus âgée et moins éduquée, et une Pologne des grandes villes, plus jeune et plus ouverte au monde. /ats-afp