Première apparition d'Assange prévue dimanche

Le fondateur de WikiLeaks, Julian Assange, devrait apparaître en public ce dimanche après-midi. Il est toujours retranché dans l'ambassade d'Équateur et risque une arrestation immédiate.

19 août 2012, 08:30
L'ambassade d'Équateur à Londres est toujours lourdement surveillée par la police britannique.

La première apparition publique depuis mars du fondateur de WikiLeaks Julian Assange, toujours retranché dans l'ambassade d'Equateur à Londres, est attendue pour dimanche après-midi. Il risque une arrestation immédiate pour être extradé vers la Suède.

Jeudi, le jour même où M. Assange s'est vu accorder officiellement l'asile diplomatique par l'Equateur, WikiLeaks a fait savoir sur Twitter que son fondateur "ferait une déclaration publique devant l'ambassade d'Equateur dimanche à 14h00" (15h00 en Suisse), soit "deux mois exactement après qu'il y est entré".

Or, les Britanniques, qui gardent jour et nuit l'ambassade, ont déjà fait savoir qu'ils arrêteraient immédiatement M. Assange s'il s'aventurait hors des locaux consulaires.

Les parties communes de l'immeuble, a précisé samedi le ministère britannique des Affaires étrangères, sont territoire britannique, a fortiori le devant du bâtiment.

Spéculations

Les spéculations vont donc bon train pour savoir comment M. Assange va tenir son engagement tout en restant libre. Peut-être, avançait un officiel britannique, choisira-t-il d'apparaître au balcon de l'ambassade, qui reste territoire équatorien.

Pratiquement au moment de cette apparition, l'Equateur a invité dimanche les ministres des Affaires étrangères de l'Union des nations sud-américaines (UNASUR) à Guayaquil pour faire un point sur la situation. Quito a déjà obtenu un ferme soutien de ses alliés de l'ALBA, un bloc composé notamment du Venezuela, de Cuba, du Nicaragua et de la Bolivie.

L'entrée éventuelle de la police britannique dans l'ambassade d'Equateur à Londres pour y interpeller Julian Assange aurait "de graves conséquences dans le monde", ont affirmé dimanche les ministres des Affaires étrangères du groupe ALBA.

"Nous lançons un avertissement au gouvernement du Royaume-Uni sur les graves conséquences qui se déclencheraient dans le monde entier en cas d'agression directe contre l'intégrité territoriale de la République de l'Equateur à Londres", ont-ils ajouté.

Accusé de viol

De son côté, l'organisation des Etats américains (OEA) a annoncé qu'elle organiserait une réunion le 24 août à Washington de ses ministres des Affaires étrangères.

Les Britanniques veulent extrader vers la Suède M. Assange, qui y est soupçonné de viol et d'agression sexuelle. Il a épuisé tous les recours juridiques au Royaume-Uni.

M. Assange dit refuser cette extradition de peur d'une autre vers les Etats-Unis, où il craint d'être poursuivi pour espionnage, voire condamné à mort, après la révélation en 2010 par WikiLeaks de centaines de milliers de télégrammes diplomatiques américains.