Pour le pape François, l'Albanie n'est pas un pays musulman, mais européen

En visite en Albanie, où les 56% de la population sont de confession musulmane, le pape François a déclaré que ce n'était pas un pays musulman, mais européen. Il plaidera sa cause au Parlement de l'UE à Strasbourg.

22 sept. 2014, 06:51
Le pape a rencontré le président albanais Bujar Nishani à Tirana. Il soutient l'entrée de l'Albanie dans l'Union européenne.

L'Albanie "est un pays européen" et non "un pays musulman", a affirmé dimanche le pape François en rentrant de Tirana. Le choix d'un premier voyage dans ce petit pays sur le continent européen "est un signal que j'ai voulu adresser" à l'Europe, a-t-il souligné.

Dans une conférence de presse dans l'avion, interrogé sur la raison qui l'avait conduit à choisir un petit pays non membre de l'Union européenne (UE) comme première destination sur le Vieux continent, le pape a répondu: "j'ai voulu adresser un message, un signal" à l'Europe. Il n'a pas explicité ce qu'il voulait dire par là.

François a toutefois salué avec insistance "la jeunesse" et "la capacité de fraternité" des composantes musulmane, catholique et orthodoxe de la société albanaise. Le pape critique souvent la "fatigue", le déficit de l'accueil des immigrés, le relativisme des grandes puissances économiques, notamment européennes.

Il a révélé qu'il se rendrait fin novembre non seulement au Parlement européen de Strasbourg mais aussi au Conseil de l'Europe, qui a son siège dans la même ville. Même si l'Albanie est un pays à majorité musulmane (56%), ce n'est "pas un pays musulman mais un pays européen", a-t-il insisté.

Tirana a obtenu son statut de candidat à l'entrée dans l'UE en juillet dernier. L'islam est parfois invoqué comme une raison pouvant empêcher l'entrée de certains pays dans l'UE, comme la Turquie et l'Albanie, car symbole d'une trop grande différence culturelle.

"Témoignages de fraternité"

L'Albanie "a des racines culturelles très belles", a salué le pape à l'issue de sa journée à Tirana. Revenant sur la période de la dictature communiste d'Enver Hoxha, "pas seulement les catholiques, mais aussi les orthodoxes, les musulmans, tous les trois ont donné des témoignages de Dieu et aujourd'hui donnent des témoignages de fraternité", a-t-il dit, exprimant son admiration pour ce petit pays.

Interrogé sur son émotion très visible face au témoignage dans la cathédrale de Tirana du père Ernest Simoni, 84 ans, qui avait été emprisonné pendant 27 ans dans les geôles communistes, le pape a simplement déclaré: "entendre parler un martyr de son propre martyre est quelque chose de fort. Et avec quelle humilité il l'a fait! C'est comme s'il parlait de quelqu'un d'autre!"