Point de vue de Rémy Cosandey: «Ils osent se dire chrétiens!»

«Comment expliquer que des chefs d’Etat, qui soutiennent ouvertement la peine de mort et la torture, brandissent la Bible en permanence?», interroge Rémy Cosandey, ancien conseiller communal au Locle. Comme d’autres personnalités locales, nous l’invitons à s’exprimer régulièrement sur des sujets d’actualité.

11 déc. 2019, 12:00
Le président du Brésil Jair Bolsonaro se dit fervent chrétien.

L’article 15 de la Constitution fédérale est précis: «La liberté de conscience et de croyance est garantie.» Cela veut dire que chacun est libre d’être chrétien, musulman, bouddhiste ou athée. Mais il ne suffit pas de se déclarer membre de telle ou telle communauté pour mériter de lui appartenir. Il faut vivre en conformité des préceptes qu’elle prêche.

Ces hommes utilisent en fait la religion pour museler l’opposition.

Prenons l’exemple des chrétiens. Le christianisme fait référence à la vie du Christ, qui a prôné la tolérance et l’amour du prochain. Le théologien Christoph Theobald le dit clairement: dans le Nouveau Testament, l’hospitalité est une attitude centrale. Une phrase qu’il conviendrait de rappeler aux chrétiens qui préfèrent que les demandeurs d’asile se noient dans la Méditerranée plutôt qu’ils soient accueillis en Suisse.

Par ailleurs, on constate que toutes les religions ont une doctrine commune: ne fait pas aux autres ce que tu ne voudrais pas qu’on te fasse. Alors comment expliquer que des chefs d’Etat, qui soutiennent ouvertement la peine de mort et la torture, brandissent la Bible en permanence et font étalage de leurs convictions chrétiennes? De Jair Bolsonaro au Brésil à Rodrigo Duterte aux Philippines en passant par quelques dictateurs de moindre acabit, ces hommes utilisent en fait la religion pour museler l’opposition. Ils ne méritent pas de se dire chrétiens.

Ce qui est certain, c’est qu’ils n’ont pas lu le Nouveau Testament et qu’ils nuisent gravement aux vrais chrétiens qui, dans quelques jours, vont fêter la naissance de leur Sauveur.