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Point de vue de Nicolas Rousseau: "Palestine, une terre réservée?"

"Si tous les peuples revendiquaient ainsi leur droit à retourner dans leur patrie ancestrale, il faudrait alors revoir la plupart des frontières du monde", relève Nicolas Rousseau, poète, essayiste et chroniqueur. Découvrez son point de vue: comme d’autres personnalités locales, nous l’invitons à s’exprimer régulièrement sur des sujets d’actualité.

20 août 2018, 12:00
Tant les colons israéliens que les exilés palestiniens veulent "rentrer chez eux". Ne serait-il pas temps de désacraliser la terre?

Pour nombre d’Israéliens, et notamment pour les colons qui dominent maintenant presque la moitié de la Cisjordanie, la motivation principale s’avère le retour sur des terres où vivaient leurs ancêtres. Même volonté pour les Palestiniens chassés de leurs villages lors de la création d’Israël: ils veulent aussi rentrer chez eux!

Seule différence: pour justifier leur occupation, les premiers invoquent l’antériorité de leur présence, ils peuplaient la Palestine bien avant les Arabes. Mais là réside le problème!

Si tous les peuples revendiquaient ainsi leur droit à retourner dans leur patrie ancestrale, il faudrait alors revoir la plupart des frontières du monde, les hommes n’ayant cessé de migrer depuis la nuit des temps, de gré ou de force! Sans compter que sur ces terres contestées de Palestine, les tribus d’Israël ont originellement cohabité avec d’autres Etats, des historiens sérieux démontrant même qu’elles se seraient constituées à partir de populations d’origine cananéenne.

Du reste, à la fin du 19e siècle, certains sionistes n’excluaient pas d’aller fonder un foyer juif dans d’autres régions du monde, en Argentine, en Afrique de l’Est.

Entendons-nous bien: il ne s’agit pas de contester aujourd’hui aux Israéliens le droit à un Etat, ni aux Palestiniens celui à une patrie, cela peu importe quand et comment les uns et les autres ont peuplé cette région du monde. Mais que les croyants des deux camps cessent enfin de sacraliser la terre, de la considérer comme la propriété exclusive de ses premiers habitants présumés, des attitudes du reste contraires à un enseignement divin tourné plutôt vers le Ciel.

S’ils prenaient conscience qu’elle ne leur est donnée qu’en prêt, qu’elle ne revient à aucune race particulière, et que là comme ailleurs, ses occupants n’y sont donc que de passage, ils auraient sans doute moins de peine à se la partager équitablement et à y cohabiter en bonne intelligence.

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