Plus de 200 Roms expluslés et un camp évacué près de Lille

Un charter de 240 Roms de Roumanie s'est envolé jeudi de Lyon pour Bucarest alors qu'un camps est évacué près de Lille.

09 août 2012, 12:30
Les associations dénoncent la montée en puissance des expulsions pendant l'été.

Un charter de 240 Roms de Roumanie bénéficiaires de l'aide au retour, dont de nombreux enfants, s'est envolé jeudi de l'aéroport de Lyon-Saint-Exupéry pour Bucarest. Par ailleurs, un camp de Roms était en cours d'évacuation jeudi matin à Hellemmes, près de Lille.

Les associations humanitaires qui accompagnent ces familles dénoncent des "expulsions déguisées" mises en place par Nicolas Sarkozy en 2007 et poursuivies par le gouvernement socialiste. Selon elles, ces mesures sont en contradiction avec les principes du Conseil de l'Europe, qui a déjà condamné la France pour ces motifs en novembre 2011.

Les passagers, provenant de l'agglomération lyonnaise, mais aussi de Saint-Etienne et de Montpellier, toucheront 300 euros par adulte et 100 euros par enfant.

Cette semaine, 250 Roms de Roumanie sont concernées par les expulsions autorisées par le tribunal administratif dans la seule agglomération lyonnaise. Depuis, ces familles errent dans les rues et le long du périphérique de l'agglomération lyonnaise à la recherche d'une nouvelle implantation mais les forces de l'ordre les empêchent de se fixer.

"François Hollande avait promis qu'il n'y aurait pas d'expulsions sans proposition de relogement, le ministère de l'Intérieur a confirmé cette position, et là, les gens sont dans la rue", déclare Jean-Philippe, un militant associatif. "Ils sont pourchassés par des policiers en civil qui les empêchent de s'installer."

Hausse estivale dénoncée

Les associations dénoncent la montée en puissance des expulsions pendant l'été et affirment que le nombre de charters a considérablement augmenté ces dernières semaines.

A Hellemmes, près de Lille, un camp de Roms était en cours d'évacuation jeudi matin, selon des témoins. Les forces de l'ordre sont arrivées sur place à 6H00.

"Tout est en train d'être enlevé. C'est une atteinte aux droits fondamentaux des hommes. Que vont devenir ces familles?", a déclaré le père Arthur, un prêtre qui défend la cause des Roms et assistait à l'évacuation.

Le préfet de la région Nord-Pas-de-Calais, Dominique Bur, avait annoncé il y a quelques semaines son intention de faire évacuer ce camp de quelque 200 personnes issues de pays de l'Est, situé en face de l'Ecole d'architecture.

Selon les associations qui les défendent, aucune solution de relogement n'est prévue pour ces Roms, parmi lesquels figurent une soixantaine d'enfants