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Plaidoyer d'Aung San Suu Kyi pour une justice birmane indépendante

Le développement de la Birmanie passera, avant toute loi, par une profonde réforme de la justice et une réelle indépendance des tribunaux, a estimé ce vendredi à Bangkok la chef de l'opposition Aung San Suu Kyi, dans un discours au Forum économique mondial pour l'Asie de l'Est.

01 juin 2012, 07:07
epa03167480 Aung San Suu Kyi (C), Myanmar democracy campaigner, greets her supporters at the Kawmhu Township, Yangon, Myanmar, 01 April 2012. Millions of Myanmar's people who have been under military rule for decades headed to vote in a by-election that could bring democracy icon Aung San Suu Kyi in to parliament. It is the first election the Nobel peace laureate Suu Kyi, 66, has contested, as she was under house arrest during Myanmar's past two general elections in 1990 and 2010.  EPA/NYEIN CHAN NAING

La lauréate du prix Nobel de la paix a imploré les dirigeants du  pays de s'attaquer au système judiciaire birman, totalement inféodé  au pouvoir militaire pendant un demi-siècle.

«Les bonnes lois existent déjà en Birmanie mais nous n'avons pas  de système judiciaire propre et indépendant», a-t-elle regretté pour  sa première participation à une réunion internationale depuis son  retour en Birmanie et son engagement en politique, en 1988.

«Investisseurs en Birmanie, soyez prévenus s'il vous plait: même  la meilleure loi sur les investissements ne sera d'aucune utilité  s'il n'y a pas de tribunal suffisamment propre et indépendant pour  l'appliquer (...) de façon juste».

«C'est notre problème et jusqu'à présent nous n'avons pas été  informés de la moindre réforme sur le front judiciaire», a-t-elle  ajouté, regrettant que les dirigeants actuels, d'anciens militaires  crédités d'importantes réformes depuis un an, «ne semblent pas  penser qu'il y ait un besoin de réforme judiciaire».

Première sortie internationale

Suu Kyi, 66 ans, est devenue députée pour la première fois lors  des élections partielles d'avril après un total de 15 années de  résidence surveillée. Depuis 1988, elle avait toujours refusé de  partir de son pays de peur que les militaires ne la laissent pas  rentrer.

Arrivée mardi soir à Bangkok, elle a largement volé la vedette au  panel des participants du Forum, dont plusieurs dirigeants et hommes  d'affaires de la région, entraînant dans son sillage une masse de  journalistes à chacun de ses déplacements.

«Les gens sont très chaleureux ici, comme ils le sont en Birmanie  (....). En fait, je trouve que les gens se ressemblent. C'est assez  frappant», a-t-elle déclaré à l'AFP tard jeudi soir après un dîner  de gala.

Elle devrait en principe se rendre samedi dans le Nord de la  Thaïlande, où une dizaine de camps de réfugiés abritent depuis des  années quelque 100'000 Birmans, chassés de leur pays par les combats  entre l'armée et des rebelles de minorités ethniques.

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