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Pas encore la fin de la guerre

16 sept. 2011, 11:07

Le chef du gouvernement turc voulait être le premier à arriver hier à Tripoli. Sa visite étant reprogrammée pour aujourd'hui, ce sont hier David Cameron et Nicolas Sarkozy qui, les premiers, ont foulé le sol de la Libye libérée. L'avion du chef du gouvernement britannique s'est posé quelques minutes avant l'A330 de la présidence française. L'intellectuel parisien Bernard-Henri Lévy est venu de son côté en jet privé. Un ministre égyptien les a suivis dans la soirée.

Accueillis et accompagnés par leurs ministres des Affaires étrangères respectifs et les deux chefs de l'exécutif libyen, Nicolas Sarkozy et David Cameron ont rendu une brève visite à des blessés de guerre. Puis, d'un nouveau saut d'hélicoptère, ils ont engagé des conversations bilatérales avec leurs homologues libyens et un échange avec les membres du CNT, ce Conseil national transitoire qui tient lieu de Parlement actuellement.

Avant de reprendre la voie des airs vers Benghazi, les chefs de file de la coalition anti-Kadhafi ont, dans un grand hôtel de la capitale libyenne, rappelé au cours d'une conférence de presse commune et en termes similaires que «le travail n'est pas fini». De fait, des portions du territoire libyen ne sont pas encore passées sous le contrôle du CNT, trois villes notamment, Beni Oulid, Syrte et Sebha, étant encore tenues par les forces kadhafistes. Par la voix de leur chef exécutif, la France et la Grande-Bretagne, qui ont mené les opérations aériennes de la coalition anti-Kadhafi, ont réaffirmé que les actions militaires de l'Otan se poursuivront jusqu'à la victoire totale et le rétablissement de la souveraineté nationale.

Aucune avancée militaire

C'est un préalable pour que le CNT déménage de Benghazi à Tripoli, a répété une fois encore, hier, Mahmoud Jibril, qui fait office de premier ministre. Le sort du dictateur et de sa famille conditionne pareillement le retour à une situation sécuritaire convenable. Plusieurs membres de cette funeste famille ont déjà trouvé refuge dans des pays voisins. Un fils Kadhafi et des militaires de haut rang proches de son père ont élu domicile au Niger. Le dictateur, demeure, lui, toujours introuvable.

«Le colonel Kadhafi doit être arrêté et tous ceux qui sont inculpés par des juridictions internationales doivent rendre des comptes», a insisté le président français. Faisant «confiance» au Niger, il a dit n'avoir «aucune raison de douter» que ses dirigeants respecteront le droit international. Le chef du gouvernement britannique a pareillement assuré que son pays participera à la traque du dictateur en fuite.

Depuis trois semaines que Tripoli a été libérée, ce qui signifie la chute de la dictature, aucune avancée militaire n'a toutefois été enregistrée. Les bombardements de l'Otan sont moins intenses. Et les nouvelles autorités libyennes ont jusqu'ici privilégié les négociations aux actions armées, paraissant laisser le temps faire son œuvre dans les bastions kadhafistes assiégés. Le sang libyen ne doit plus couler pour que la réconciliation nationale devienne rapidement effective, ne manque jamais de souligner Moustapha Abdeljalil, le président du CNT.

Nouvelles relations

Il ne faut ni «vengeance» ni «règlements de comptes», est convenu Nicolas Sarkozy, mais il a paru conditionner «l'unité» et la «réconciliation des Libyens» au «respect des règles de droit». Il a ainsi précisé que, «pour que le pardon puisse être apporté par chacun, il faut que chaque Libyen sache que ceux qui ont commis des crimes ou qui ont volé le peuple libyen auront à rendre des comptes: il ne peut y avoir de pardon s'il y a le sentiment de l'impunité».

Officiellement, ce vœu est partagé par les nouveaux dirigeants libyens. Mais, parce qu'ils ont servi longtemps Mouammar Kadhafi, il est permis de douter, à l'instar de nombre de Chancelleries occidentales, de la sincérité des auteurs de tels propos. Qui juger et jusqu'où mener les actions judiciaires? La question se pose à chaque fin de dictature.

L'avenir de la Libye, pays riche en hydrocarbures s'il en est, passe enfin par l'établissement de nouvelles relations économiques avec l'Occident. Devant la presse internationale, Nicolas Sarkozy en est ainsi venu à la clarification suivante: derrière l'engagement militaire et diplomatique de la France, «iI n'y a aucun calcul», «aucun accord», «aucun dessous de main quant aux richesses de la Libye».

Mahmoud Jibril a pareillement démenti l'existence du moindre accord sur le partage des hydrocarbures libyens. «Nous avons le pétrole, vous avez l'expertise et les entreprises», a-t-il néanmoins affirmé, entre ses deux amis, Nicolas Sarkozy et David Cameron.

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