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Pas de majorité pour les conservateurs

07 mai 2010, 18:10

Le Parti conservateur britannique est redevenu aujourd'hui la première force politique à la chambre des Communes. Mais il a échoué à décrocher une majorité absolue et ne peut donc prétendre former automatiquement un gouvernement. Cette situation ouvre la voie à des tractations en vue de la création d'une coalition.

Les Tories a obtenu 306 députés. Il devance le parti travailliste (258) et les libéraux-démocrates (57), selon le résultat final officiel portant sur l'ensemble des circonscriptions.

Brown n'a plus de légitimité
Avant que le résultat final ne soit connu, le Premier ministre britannique Gordon Brown avait déclaré dans ce contexte qu'il prendrait toute mesure nécessaire pour que la Grande-Bretagne ait à sa tête un gouvernement «fort, stable et qui s'appuie sur des principes».

David Cameron, chef de file des Tories qui entendent bien sortir de treize ans d'opposition, a de son côté affirmé que le Labour de Gordon Brown avait perdu toute légitimité à se maintenir au pouvoir.

Mais dans les rangs travaillistes, on rappelle que la pratique institutionnelle donne au Premier ministre sortant la priorité pour tenter de former un gouvernement dans le contexte d'un «Parlement  bloqué».

Marchés inquiets
En pleine crise économique, ce scénario est une source d'inquiétude pour les marchés financiers. La livre sterling a du reste reculé face au dollar.

Nombre d'observateurs parient sur un gouvernement minoritaire dirigé par le «conservateur compassionnel» que serait David Cameron, qui pourra tenter de négocier l'appui ponctuel des petits partis nationalistes d'Irlande du Nord, d'Ecosse et du Pays de Galles, quitte à organiser plus tard de nouvelles élections.

Mais le Labour n'a pas l'intention de céder sans résistance. De source travailliste, on confirme que M. Brown tentera de former un gouvernement de coalition avec les Lib-Dem. Son porte-parole a toutefois indiqué que le Premier ministre n'avait pas encore pris de décision à ce sujet.

Labour + Lib Dem: pas la majorité absolue
Pour Jonathan Tonge, directeur du département de sciences politiques à l'université de Liverpool, il est cependant «pratiquement inconcevable que Gordon Brown puisse essayer de se maintenir au pouvoir».

«Le Labour ne peut espérer rester au gouvernement après ce rejet humiliant. Avec 100 sièges perdus, ce serait une insulte faite aux électeurs que de prétendre le contraire», a quant à lui commenté Henry McRory, porte-parole du Parti conservateur.

Quel qu'il soit, le prochain locataire du 10 Downing Street héritera d'un déficit public record, supérieur à 11% du Produit  intérieur brut, et devra satisfaire, un an après le scandale des notes de frais des députés, aux appels à réformer le système politique et électoral.

Clegg quand même l'homme clé
L'émergence des libéraux démocrates durant la campagne avait compliqué l'équation, leur chef de file Nick Clegg se montrant très à son avantage lors des trois débats télévisés organisés pour la première fois dans l'histoire politique du pays.

Bien que les résultats ne soient pas à la hauteur de ses attentes, M. Clegg pourrait quand même être l'homme clé pour former une majorité. «On a tellement parlé de la Cleggmania. Tout se passe comme s'ils avaient été étouffés par la bataille engagée entre les conservateurs et le Labour», souligne Jonathan Tonge.

Le scrutin a connu une forte participation mais a été émaillé d'anomalies: la commission électorale a annoncé une «enquête approfondie» alors que des centaines d'électeurs n'ont pu voter en raison de longues files d'attente. /ats

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