Votre publicité ici avec IMPACT_medias

«Parlons sérieusement»

En Finlande, les ministres des Affaires étrangères des 25 regrettent le refus de Téhéran. Plus modérés que les Etats-Unis, les Européens jouent la carte de la diplomatie Le refus de l'Iran de cesser ses activités d'enrichissement de l'uranium, malgré un ultimatum de l'ONU, a suscité hier de nouvelles expressions de regret de pays européens. Mais, en même temps, ils ont souligné leur volonté de continuer à discuter avec Téhéran.

03 sept. 2006, 12:00

Alors que le président américain George Bush avait prôné jeudi la fermeté après la confirmation par l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) de la poursuite des activités iraniennes, les Européens ont tenu un discours plus modéré, évitant d'évoquer la perspective de sanctions envisagée par Washington.

Eviter la division

Avant une réunion des ministres des Affaires étrangères des 25 pays de l'Union européenne en Finlande, le chef de la diplomatie allemande, Frank-Walter Steinmeier, a jugé nécessaire hier que les grandes puissances ne se divisent pas sur le dossier iranien.

Les six grandes puissances impliquées dans le dossier iranien - les cinq membres du Conseil de sécurité et l'Allemagne - doivent se rencontrer le 7 septembre à Berlin. La présidence finlandaise de l'UE est elle aussi restée extrêmement vague sur le thème des sanctions.

«Tous les aspects (du dossier iranien) vont être couverts» au cours de la réunion de deux jours des 25, a simplement assuré à Lappeenranta le ministre finlandais des Affaires étrangères, Erkki Tuomija. Mais il s'est refusé à parler explicitement de sanctions, déclarant que ce n'était «ni le lieu ni le moment pour prendre de nouvelles décisions».

Les moyens de pression s'estompent

Et Erkki Tuomija a réitéré la volonté de l'UE de «parler sérieusement avec l'Iran», qui avait assuré le 22 août être disposé à «des négociations sérieuses» sur le nucléaire, tout en refusant de geler au préalable ses activités d'enrichissement. De fait, la communauté internationale a de moins en moins de moyens de pression face aux ambitions nucléaires de Téhéran, estiment diplomates et analystes.

Les Etats-Unis et les Européens ne disposent «d'aucun instrument suffisamment puissant pour convaincre ou forcer l'Iran à suspendre son programme d'enrichissement d'uranium», estime l'expert en non-prolifération Gari Samore, qui fut un conseiller de l'ex-président américain Bill Clinton. «Ni les menaces, ni les promesses d'aide ne suffisent», affirme-t-il.

«Les choses ont empiré: il y a deux ou trois ans, les Iraniens étaient encore nerveux à l'idée d'une action du Conseil de sécurité ou d'une attaque militaire américaine, et ils se préparaient à réduire leurs projets. Mais maintenant, les Iraniens sont extrêmement confiants», estime Gari Samore.

Cette analyse est partagée par un haut diplomate proche de l'AIEA, selon qui «la vraie raison du délai de l'ONU était d'affaiblir l'Iran mais cela n'a pas marché. «Si les Américains étaient arrivés à un accord ou avaient parlé directement aux Iraniens il y a un an, ils auraient pu obtenir le gel du programme avant même le début de l'enrichissement», estime cette source. / ats-afp

Votre publicité ici avec IMPACT_medias