Nouvelles menaces de Téhéran

L'Iran entend se retirer du Traité de non-prolifération si l'Occident se montre trop exigeant. Mais le dialogue n'est pas définitivement rompu L'Iran a menacé implicitement ce week- end de se retirer du Traité de non-prolifération (TNP) si les Occidentaux essayaient de le «priver» de son droit à l'énergie atomique. Parallèlement, une équipe d'inspecteurs est arrivée hier dans le pays.

13 févr. 2006, 12:00

«La République islamique d'Iran a poursuivi ses efforts nucléaires dans le cadre de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) et du TNP, mais si nous voyons que vous voulez nous priver de notre droit en vous basant sur ces mêmes règles, sachez que le peuple révisera sa politique dans ce domaine», a menacé samedi le président iranien Mahmoud Ahmadinejad.

Le discours présidentiel, tenu sur la place Azadi (Liberté) à l'occasion du 27e anniversaire de la Révolution islamique (1979), a été ponctué par les cris de la foule. Elle scandait «la technologie nucléaire est notre droit absolu». Hier, le porte-parole de la diplomatie iranienne Hamid Reza Assefi a indiqué que le TNP «est un pacte international auquel nous sommes toujours attachés. Mais nous ne pouvons pas accepter qu'on l'utilise à des fins politiques».

Interrogé sur la possibilité que l'Iran se retire du TNP si son dossier était formellement renvoyé par l'AIEA le 6 mars devant le Conseil de sécurité des Nations unies, le porte-parole a répondu: «Nous déciderons conformément à l'attitude que (les membres de l'AIEA) auront vis à vis de la République islamique». Mahmoud Ahmadinejad a toutefois nuancé samedi sa menace en déclarant que son pays ne sortirait pas brusquement du TNP, comme l'a fait la Corée du Nord. «Nous aimerions continuer à faire preuve de patience», a-t-il lancé.

Le programme atomique iranien est dans le collimateur des puissances occidentales, qui soupçonnent Téhéran de chercher à obtenir l'arme suprême. Elles ont obtenu une résolution de l'AIEA le 4 février informant le Conseil de sécurité du dossier nucléaire iranien, et demandant à l'Iran de suspendre ses activités sensibles dans ce domaine.

L'Occident mis en garde

«Vous nous demandez de prouver la non déviation (du programme nucléaire iranien), mais nous disons que même dans cent ans nous ne pourrons pas vous convaincre de cela, car vous êtes hostiles au progrès de notre pays», a indiqué Mahmoud Ahmadinejad.

Il a mis en garde les Etats-Unis et les puissances européennes contre l'application éventuelle de sanctions, évoquée aussi bien par Washington que Londres. / ats-afp-reuters