Nazisme: plus de 2000 personnes touchent encore des pensions d'anciens collaborateurs du régime

Dénoncé en Belgique, le scandale des pensions nazies a été clarifié vendredi par le gouvernement allemand. Plus de 2000 personnes, dans le monde, au statut de victimes de guerre, touchent jusqu'à 1500 francs par mois.

23 févr. 2019, 08:31
Les pensions concernent aussi les personnes qui ont dû travailler de force pour le régime nazi.

Deux mille trente-trois personnes ont touché en février des pensions versées à d'anciens collaborateurs du régime nazi ou à des personnes enrôlées de force, a indiqué vendredi le ministère allemand du travail. Le versement peut s'élever jusqu'à 1300 euros.

En Europe, ils sont 1532 à percevoir la pension, dont 573 personnes dans la seule Pologne, le pays le plus représenté, selon des chiffres transmis à l'AFP. Suivent la Slovénie (184), l'Autriche (101), la République tchèque (94).

Quelque 54 personnes la perçoivent en France, 34 en Grande-Bretagne, 71 en Croatie ou 48 en Hongrie. En Afrique, le nombre de bénéficiaires s'élève à 13, dont 9 en Afrique du Sud et 4 en Namibie.

Les Etats-Unis comptent sur leur sol 250 bénéficiaires, devant le Canada (121), le Brésil (18) et l'Argentine (8). En tout, 409 personnes disposent de cette prestation sur le continent américain. L'Asie compte une trentaine de bénéficiaires, dont douze en Thaïlande. Enfin, 44 personnes la touchent en Australie.

Loi de 1951

Ces pensions sont versées en vertu d'une loi allemande de 1951, qui permet aux victimes de guerre allemandes de toucher une indemnité. Elles bénéficient aussi à d'anciens nazis ou collaborateurs étrangers du régime d'Adolf Hitler, mais également à des personnes enrôlées de force.

Les ex-membres de la SS en sont exclus, tout comme toute personne condamnée pour crimes de guerre. Depuis 2008, la loi permet aux Länder allemands qui versent ces retraites de les suspendre. Mais cette possibilité a été peu utilisée, selon des données de 2017 du gouvernement fédéral allemand.

Les députés de Belgique, où 18 personnes sont concernées, ont voté jeudi un texte demandant au gouvernement de mettre fin à ce système de pensions versées par l'Allemagne.