Mort de Mahsa Amini en Iran: réseaux sociaux bloqués, le bilan s’alourdit

Les autorités iraniennes ont bloqué l’accès à Instagram et WhatsApp jeudi. Cela après six jours de protestations contre la mort d’une femme arrêtée par la police des moeurs.

22 sept. 2022, 12:50
/ Màj. il y a 4 jours
Affrontements entre manifestants et forces de l'ordre à Téhéran.

Le décès de Mahsa Amini, âgée de 22 ans, a suscité de vives condamnations dans le monde alors que les ONG internationales ont dénoncé une répression «brutale» de manifestations. A la tribune de l’ONU mercredi, le président des Etats-Unis Joe Biden s’est dit solidaire des «femmes courageuses d’Iran».

Au moins 17 personnes, dont des manifestants et des policiers, ont péri dans la répression, selon un bilan d’un média d’Etat jeudi. Mais le bilan risque d’être bien plus lourd, l’ONG d’opposition Iran Human Rights (IHR), basée à Oslo, faisant état d’au moins 31 civils tués par les forces de sécurité. Les responsables iraniens ont nié toute implication dans la mort des manifestants.

Jeudi, la secrétaire américaine au Trésor, Janet Yellen, a annoncé des sanctions économiques visant la police des moeurs iranienne et plusieurs responsables de la sécurité pour les "violences contre les manifestants", ainsi que pour le sort de Mahsa Amini.

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Violentes manifestations

Les manifestations ont été déclenchées aussitôt après l’annonce de sa mort. Depuis elles ont touché une quinzaine de villes, jusqu’à la cité sainte chiite de Qom, au sud-ouest de Téhéran, cité natale du guide suprême iranien Ali Khamenei.

Amnesty International a dénoncé une «répression brutale» et «le recours illégal aux tirs de grenailles, billes d’acier, gaz lacrymogène, canons à eau et coups de bâton pour disperser les manifestants».



Accès à internet restreint

«Sur décision des responsables, il n’est plus possible d’accéder en Iran à Instagram depuis mercredi soir et l’accès à WhatsApp est également perturbé», a annoncé l’agence de presse Fars. Cette mesure a été prise à cause «des actions menées par des contre-révolutionnaires contre la sécurité nationale via ces réseaux sociaux», a précisé Fars.

Instagram et WhatsApp étaient les applications les plus utilisées en Iran depuis le blocage des plateformes comme Youtube, Facebook, Telegram, Twitter et Tiktok ces dernières années. De plus l’accès à Internet est largement filtré ou restreint par les autorités.

Nombreuses arrestations

Dans le sud de l’Iran, des vidéos datant apparemment de mercredi montrent des manifestants brûler un portrait immense du général Qassem Soleimani, tué par une frappe américaine en Irak en janvier 2020.

Selon des militants, des affrontements ont opposé mercredi soir à Machhad (nord-est) manifestants et forces de sécurité qui ont ouvert le feu. A Ispahan (centre), des protestataires ont déchiré une banderole montrant le guide suprême iranien, Ali Khamenei.

Ailleurs dans le pays, des manifestants ont incendié des véhicules de police et scandé des slogans hostiles au pouvoir, selon l’agence officielle Irna. La police a riposté par des gaz lacrymogènes et de nombreuses arrestations.


D’autres images montrent des manifestants résistant aux forces de l’ordre. Les plus virales sur les réseaux sociaux sont celles où l’on voit des femmes mettre le feu à leur foulard.

Les protestations des derniers jours sont parmi les plus importantes en Iran depuis celles de novembre 2019, déclenchées par la hausse des prix de l'essence, en pleine crise économique. Une centaine de villes avaient été touchées par une contestation, sévèrement réprimée. Le bilan officiel est de 230 morts, plus de 300 selon Amnesty International.

par Keystone - ATS