Mobilisation des taxis en France: Hollande "condamne" les violences

Le président François Hollande estime que UberPop doit être "dissous et déclaré illégal", mais dénonce les violences observées jeudi dans toute la France entre taxis professionnels et chauffeurs d'Uber.
07 août 2015, 15:34
Dix personnes ont été arrêtées jeudi, sept policiers ont été blessés et 70 véhicules ont subi des dégradations.

François Hollande a déclaré vendredi comprendre "l'exaspération" des chauffeurs de taxi confrontés à une concurrence "déloyale" de Uber en France, mais a dénoncé des violences "inacceptables dans une démocratie". Le président français a également estimé que UberPop devait être "dissous et déclaré illégal".

"La saisie des véhicules devra être prononcée et effectuée", a poursuivi M. Hollande devant la presse lors d'un sommet européen à Bruxelles. Mais "ce n'est pas l'Etat qui peut saisir des véhicules lui-même", la saisie doit "être autorisée par des décisions de justice", a-t-il rappelé.

Le président de la République a souligné que UberPop "ne respecte aucune règle" sociale ou fiscale et se livre à une "concurrence déloyale", situation "inacceptable" et "intolérable". "Une loi (sur les véhicules de transport avec chauffeur) a été votée par le Parlement, elle doit s'appliquer", a-t-il encore souligné.

Par ailleurs, "mon 1er mouvement comme président de la République, c'est de dénoncer, de condamner ces violences même si elles sont sans doute le fait d'une minorité", a affirmé M. Hollande. Dix personnes ont été arrêtées jeudi, sept policiers ont été blessés et 70 véhicules ont subi des dégradations lors d'une journée de mobilisation, seln le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve.

Concurrence en question

Le gouvernement avait réaffirmé jeudi sa volonté de faire fermer UberPOP. Quelque 3000 taxis en colère avaient bloqué gares et aéroports pour dénoncer la "concurrence sauvage" de l'application mobile.

Cette dernière est en principe interdite par la loi dite "Thévenoud" de 2014, mais sa mise en oeuvre se heurte à un manque de moyens. Uber, qui juge cette interdiction contraire à la liberté d'entreprendre, a obtenu de la Cour de cassation que la question soit soumise au Conseil constitutionnel.