Migrants à la frontière de la Biélorussie: Karin Keller-Sutter est «scandalisée»

Des milliers de migrants, essentiellement de Syrie et d’Irak, sont massés à la frontière entre la Pologne et la Biélorussie, aux portes de l’Union européenne. Pour la ministre de justice et police Karin Keller-Sutter, Bruxelles ne doit pas céder au chantage même si une aide humanitaire est nécessaire.
12 nov. 2021, 09:46
Pour la conseillère fédérale Karin Keller-Sutter, il s'agit d'une migration illégale.

La conseillère fédérale est «scandalisée» par la situation des migrants à la frontière du Bélarus avec la Pologne et la Lituanie. Le pouvoir de Minsk est accusé d’utiliser les réfugiés pour déstabiliser l’Union européenne (UE).

La Turquie avait aussi essayé en son temps, a rappelé la cheffe du Département fédéral de justice et police dans une interview au journal gratuit 20 Minuten publiée vendredi. L’UE ne doit pas céder au chantage.



Les migrants proviennent essentiellement de Syrie et d’Irak. Ils auraient été amenés à la frontière par le président Alexandre Loukachenko. La Lituanie a montré en août dernier comment les forces armées bélarusses poussaient les réfugiés vers l’espace Schengen, a indiqué la ministre suisse.

L’UE cherche une solution. Mais il n’est pas question d’envisager une répartition entre les pays membres de Schengen. Il s’agit d’une migration illégale, a-t-elle rappelé.



La Russie est une des parties impliquées dans la mesure où elle soutient étroitement le régime de Minsk. Une aide humanitaire est cependant nécessaire. La Pologne rejette quant à elle tout soutien des Etats de Schengen.

L'OMS "très inquiète" de la situation sanitaire

L'OMS est "très inquiète" de la situation sanitaire des migrants tentant d'entrer dans l'Union européenne depuis les frontières du Bélarus. Elle "appelle tous les Etats à protéger le droit à la santé des réfugiés et des migrants dans cette région.

"Beaucoup (d'entre eux) ont besoin d'assistance médicale", a souligné l'OMS Europe dans un communiqué. L'organisation onusienne appelle à "protéger et dépolitiser" l'état de santé des milliers de migrants, originaires principalement du Proche-Orient, qui sont bloqués dans des conditions difficiles, notamment à la frontière entre le Bélarus et la Pologne.

Selon une de ses missions techniques dépêchée à la frontière entre le Bélarus et la Lituanie, 60% des migrants nécessitaient "une forme ou une autre" de prise en charge médicale.