Votre publicité ici avec IMPACT_medias

«Malgré la pluie, le soleil brille sur Berlin et sur l'Europe»

S'ils célèbrent la liberté sur tous les anciens sites clés du Mur de Berlin, les Allemands insistent sur les frontières dans les esprits de leurs compatriotes de l'Ouest (Wessies) et de l'Est (Ossies). «Il faudra au moins une à deux générations pour faire tomber les murs dans les têtes», s'exclame ainsi Carsten. Reportage et ambiance.

10 nov. 2009, 11:52

«Nous sommes là pour voir les grands», déclare Carsten, 68 ans, deux heures avant l'arrivée de la chancelière Angela Merkel et de ses invités, les anciens présidents de l'URSS Mikhaïl Gorbatchev et de Pologne Lech Walesa, sur le pont de la Bornholmerstrasse, premier poste-frontière à avoir ouvert le 9 novembre 1989.

Sa femme Brigitte et lui évoquent le cloisonnement de l'Allemagne. «Nous sommes souvent allés dans les anciennes régions de l'Allemagne de l'Est, mais c'est difficile d'établir un contact avec les gens», regrettent-ils également.

Et de raconter leur difficile recherche d'un appartement, en tant que «Wessies», dans l'ancienne Allemagne de l'Est après la chute du Mur. Ils dénoncent aussi l'«esprit de bunker» des Berlinois de l'Ouest, recroquevillés depuis vingt ans dans les quartiers chics de la ville. Horst, 58 ans, vivait a Berlin-Est au moment de la chute du Mur. Il se souvient de son premier geste à l'Ouest, une bière bue au Kurfurstendamm, la grande artère commerçante. Il pense lui que la véritable unité de l'Allemagne, comme la révolution de 1989, viendra «par le bas».

A l'arrivée d'Angela Merkel, des milliers de personnes sont massées le long du pont. Comme de nombreux Est-Allemands le soir du 9 novembre 1989, elle traverse ce site symbolique. Il y a 20 ans, le pont était ultra-surveillé. Aujourd'hui, certains vont jusqu'à escalader l'armature de l'ouvrage pour mieux apercevoir les personnalités officielles. «C'est un jour très spécial», confie en pleine ascension Martin, diplomate néerlandais de 36 ans en poste à Berlin.

«Malgré la pluie, le soleil brille sur Berlin et sur l'Europe», lance ensuite à la foule le pasteur Joachim Gauck, ancien dissident. Tous ici saluent un «jour important». Mais même Angela Merkel avoue que l'unité allemande n'est pas réalisée dans les domaines économique et social. «Nous sommes le peuple», crie alors en écho un homme, reprenant un slogan scandé par les gens le 9 novembre 1989. Ce slogan «est notre Yes we can», avait estime Joachim Gauck auparavant. La chute du Mur, «C'est notre histoire», dit Anne, 45 ans, venue avec son fils Roman, neuf ans et sa fille Luzia, trois ans et demi.

«Une histoire pénible» qu'elle, l'étudiante à peine arrivée à Berlin-Ouest il y a 20 ans, avait vécue avec étonnement, et peur parfois. Une histoire qu'elle veut faire partager à ses enfants. «C'était intéressant», glisse Roman, même s'il avoue ne pas pouvoir s'imaginer comment la génération de sa mère vivait la division.

Au Memorial de la Bernauerstrasse, des centaines de personnes avaient participé à une cérémonie du souvenir dans la matinée. Une extension du centre pour les visiteurs a aussi été inaugurée. Parmi la foule recueillie, quelque 500 Norvégiens venus pour l'occasion. «J'aimerais qu'ils réalisent leur chance de vivre dans une Europe où ils peuvent se déplacer librement», soupire l'un d'eux, Gudmund, en regardant Kiana, quinze ans, l'une des nombreuses jeunes du groupe.

Ces activistes du «voyage pour la paix» se préparaient à l'événement depuis août. Des milliers de personnes ont observé les quelque mille dominos de 2,5 mètres de hauteur aménagés sur 1,5 kilomètre de la trace de l'ancien Mur, qui ont été symboliquement renversés hier soir.

Certains ont regardé, amusés, les anciennes voitures Trabant se frayer un chemin au milieu des berlines. Tout un symbole pour une ville tournée vers l'avenir mais qui se souvient de ce jour historique où le Mur est tombé. /LSI-ats

Lire également:
"Steve von Bergen:
«Ils recevaient un bon pour la viande, cela me paraît vraiment incroyable»
"

Votre publicité ici avec IMPACT_medias