Les violences policières mettent le gouvernement égyptien sur la sellette

Des manifestants ont jeté des pierres et des bouteilles samedi contre le convoi du Premier ministre égyptien Hicham Qandil sur la place Tahrir au Caire. D'autre part, la diffusion d'une vidéo montrant des policiers frapper un manifestant à terre dans la capitale suscite un tollé dans le pays.

03 févr. 2013, 08:24
Le vidéo montrant des policiers égyptiens frapper un manifestant à terre, dépouillé de ses vêtements.

Selon la chaîne privée Dream Live, M. Qandil a ensuite quitté la place. Un communiqué laconique de son bureau a expliqué que le Premier ministre avait "fait face à des jeunes et des agitateurs" lors d'une visite sur la place emblématique. "J'ai préféré éviter une confrontation entre ces personnes et le personnel de sécurité", a indiqué le chef du gouvernement sur sa page Facebook.

Politiquement, le Front de salut national (FSN), principale coalition de l'opposition égyptienne, a de son côté annoncé son soutien "aux appels du peuple" à une chute du régime du président Mohamed Morsi.

Le FSN a en outre demandé que le président, issu de la mouvance des Frères musulmans, soit poursuivi en justice pour "les crimes" commis dans le pays lors de manifestations réprimées par la police.

La coalition réclame une enquête "indépendante pour les crimes" perpétrés par les forces de l'ordre "afin de poursuivre en justice tous ceux qui en sont responsables, à commencer par le président de la République et son ministre de l'Intérieur".

En soirée, le ministre de l'Intérieur Mohamed Ibrahim s'est dit "prêt à démissionner immédiatement si cela arrange le peuple". Le ministère de l'Intérieur avait auparavant présenté des excuses, évoqué un "acte isolé" et annoncé l'ouverture d'une enquête.

Une vidéo choque

La diffusion d'une vidéo fait actuellement scandale en Egypte. Les images diffusées vendredi à la télévision égyptienne montre en effet un homme nu, couvert de poussière, entraîné de force par une demi-douzaine de policiers vers un véhicule blindé.

Les services du président Morsi ont annoncé l'ouverture d'une enquête sur cette affaire mais l'opposition a directement accusé le nouveau pouvoir d'agir envers les manifestants comme le faisait le régime d'Hosni Moubarak. L'homme frappé à terre, d'âge mûr, a été admis dans un hôpital de la police.