Les USA et l'Europe veulent sanctionner le secteur énergétique russe

Les Etats-Unis et l'Union européenne n'ont pas encore agi formellement, mais elles envisagent "très fortement" de frapper le secteur énergétique russe. Barack Obama a aussi demandé à Bruxelles de diversifier ses sources d'énergie, histoire de renforcer sa sécurité dans ce domaine.
07 août 2015, 13:32
Barack Obama profite de la crise ukrainienne pour se rapprocher de l'Europe de José Manuel Barroso et Herman Van Rompuy.

Les Etats-Unis et l'Union européenne (UE) envisagent "très fortement" de sanctionner le secteur énergétique russe. Les mesures seront appliquées si la Russie se fait l'auteure de nouvelles incursions en Ukraine, a déclaré mercredi Barack Obama. La Suisse prend note.

"Ce que nous faisons pour le moment, c'est de nous coordonner sur l'hypothèse de sanctions supplémentaires, approfondies", a dit le président américain à Bruxelles, après un déjeuner de travail avec les présidents de la Commission européenne, José Manuel Barroso, et du Conseil européen, Herman Van Rompuy.

"Je pense que l'énergie est un élément central de nos efforts et nous devons l'envisager très fortement", a-t-il ajouté devant les médias.

Pas de sanctions suisses

La Suisse ne suit pas les Occidentaux sur ce terrain. Officiellement, le Conseil fédéral n'a fait que prendre note des mesures de l'UE et des Etats-Unis. Celles-ci n'ont aucun caractère obligatoire pour la Suisse vu qu'elles n'ont pas été décrétées par l'ONU, a expliqué le président de la Confédération Didier Burkhalter.

Berne doit trancher sur la base du droit international et de ses propres intérêts. Or l'intérêt majeur de la Suisse est de pouvoir proposer ses bons offices à une résolution de la crise entre la Russie et l'Ukraine.

Les échanges économiques avec la Russie n'ont joué aucun rôle. Ils ne représentent que quelques pourcents contre 60% avec l'UE, a rappelé le conseiller fédéral.

Davantage de dépenses militaires

A l'issue du sommet entre l'UE et les Etats-Unis, Barack Obama a réaffirmé la solidité du lien entre les deux alliés. "L'Europe, notamment l'Union européenne, est la pierre angulaire de notre engagement dans le monde", a-t-il insisté en assurant que la Russie était "seule" après son intervention en Crimée.

Mais le président américain a aussi appelé les Européens à prendre leurs responsabilités, en se disant "préoccupé" par la baisse des dépenses militaires de certains pays de l'OTAN. "La situation en Ukraine nous rappelle que la liberté a un prix", a-t-il lancé.

La Russie continue d'accroître le nombre de ses soldats le long de la frontière ukrainienne, a affirmé le secrétaire américain à la Défense Chuck Hagel. Son homologue russe Sergueï Choïgou lui a assuré que Moscou n'avait "pas l'intention de franchir la frontière".

Diversifier les sources d'énergie

Le président américain a aussi exhorté l'UE à diversifier ses propres ressources énergétiques. Pour lui, l'Union ne doit pas se contenter de se tourner vers les Etats-Unis, où la production énergétique est florissante avec l'exploitation du gaz de schiste.

"Je pense qu'il est utile que l'Europe se penche sur ses propres ressources énergétiques et la manière dont les Etats-Unis peuvent fournir des approvisionnements supplémentaires", a-t-il dit. La conclusion d'un accord commercial en cours de négociations faciliterait les exportations de gaz américain vers l'Europe, a souligné le locataire de la Maison Blanche.

Des appels entendus par ses homologues européens. "La situation en Ukraine prouve la nécessité de renforcer la sécurité énergétique européenne. Nous saluons la perspective d'exportations de gaz naturel liquéfié américain à l'avenir", ont écrit dans un communiqué José Manuel Barroso, Herman Van Rompuy et Barack Obama.

Le drapeau russe flotte

Pendant ce temps en Crimée, des drapeaux russes ont été hissés sur toutes les 193 unités militaires de la péninsule. Douze des 17 principaux navires de guerre et un grand nombre d'appareils de l'aéronavale ukrainienne ont été saisis. Environ 12'000 des 15'450 membres de la marine ukrainienne étaient basés en Crimée, ainsi que les équipements les plus significatifs.

L'absorption accélérée de la péninsule se poursuit, malgré des prévisions économiques pessimistes concernant l'économie russe. La crise en Ukraine pourrait faire chuter le produit intérieur brut de la Russie de 1,8% en 2014 selon le pire des scénarios, estime la Banque mondiale.

L'Ukraine s'apprête également à vivre des heures difficiles. Les tarifs du gaz vont y augmenter de plus de 50% à partir du 1er mai. Ces mesures, qui risquent d'être fortement impopulaires, répondent à des exigences du Fonds monétaire international (FMI).