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Les soupçons de tractations ravivés

18 mai 2010, 12:13

La France a accepté hier d'expulser vers son pays l'Iranien Ali Vakili Rad, condamné à perpétuité pour l'assassinat en 1991 de l'opposant Chapour Bakhtiar. Cette décision a ravivé le soupçon de tractations entre Paris et Téhéran pour le retour de la Française Clotilde Reiss.

Le ministre de l'Intérieur Brice Hortefeux a annoncé avoir signé hier un décret qui ouvre quasiment les portes du retour au pays à Ali Vakili Rad. Il a assuré qu'il ne faisait que tirer les conséquences d'une décision judiciaire.

Arrêté en Suisse à la fin 1991 et extradé vers la France, Ali Vakili Rad a été condamné à perpétuité en 1994 pour avoir fait partie d'un commando de trois tueurs envoyé par le régime des mollahs pour égorger Chapour Bakhtiar, un ancien premier ministre du Chah avant la Révolution islamique.

Ayant accompli la part incompressible de sa peine, Ali Vakili Rad est libérable depuis près d'un an. Sa libération conditionnelle - qui devrait être prononcée dès aujourd'hui par la justice - n'était toutefois envisageable que si le Ministère de l'intérieur ordonnait son expulsion. Toutes les conditions étant réunies, Ali Vakili Rad devrait pouvoir regagner très rapidement son pays. La décision de Brice Hortefeux survient au lendemain du retour en France de la jeune universitaire Clotilde Reiss et quelques jours après la décision de la justice française de ne pas extrader vers les Etats-Unis l'ingénieur iranien Majid Kakavand.

Dès la libération de Clotilde Reiss, retenue en Iran pendant dix mois pour avoir participé à des manifestations antigouvernementales, les interrogations se sont multipliées. La presse s'est immédiatement interrogée sur l'existence d'un «échange» de détenus, tandis que le porte-parole de l'opposition socialiste, Benoît Hamon, a réclamé la «transparence» du gouvernement.

Paris comme Téhéran ont démenti tout lien entre la libération de la jeune femme et celles des deux Iraniens détenus en France, malgré la concomitance de dates et le fait que Téhéran ait plusieurs fois lié ces affaires.

Majid Kakavand, un ingénieur iranien, retenu en France depuis mars 2009, était accusé par Washington d'avoir fourni à son pays des composants électroniques ayant de possibles applications militaires. La justice française a refusé son extradition le 5 mai, lui permettant de rentrer en Iran dans les 48 heures. Quelques mois plus tôt, le président iranien Mahmoud Ahmadinejad avait lui-même comparé le sort de Clotilde Reiss et celui d'Iraniens retenus en France. /ats-afp

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