Les places seront chères

Le tirage au sort des groupes qualificatifs pour l'Euro 2008 s'est déroulé hier à Montreux. La lutte s'annonce acharnée entre plusieurs grandes nations. La France retrouvera l'Italie. Suisse et Autriche qualifiées d'office Le tirage au sort des groupes qualificatifs pour l'Euro 2008, effectué à Montreux, a réservé quelques affiches alléchantes. Ainsi, la France devra écarter l'Italie ou l'Ukraine pour jouer la phase finale, en Suisse et en Autriche. Si le système des barrages a disparu et que les deux premiers de chaque groupe se qualifieront directement pour la phase finale, plusieurs grandes nations devront ferrailler pour décrocher leur billet.

28 janv. 2006, 12:00

L'Allemagne, organisatrice de la Coupe du monde 2006, n'aura pas la tâche facile avec, dans le groupe D, la République tchèque et l'Eire. «A l'évidence, l'Allemagne et la République tchèque sont favorites, il n'y a pas de doute, a annoncé Oliver Kahn, le gardien allemand. Mais le chemin vers l'Autriche et la Suisse ne sera pas si facile. Le Pays de Galles, l'Irlande et la Slovaquie seront des adversaires difficiles», a expliqué le portier du Bayern Munich.

Grèce-Turquie: retrouvailles

Tenante du titre, la Grèce, championne d'Europe surprise en 2004, retrouve son adversaire turc en compagnie de la Norvège. Grèce et Turquie étaient déjà dans le même groupe éliminatoire pour la Coupe du monde. Aucune des deux équipes ne sera du voyage en Allemagne. Pour le gardien grec Antonis Nikopolidis «ce sera un groupe équilibré et il faudra aller chercher de cruciales victoires à l'extérieur.» Selon le défenseur grec Traianos Dellas, «la Turquie et la Norvège sont de très bonnes équipes, et je pense que nous nous battrons pour les deux premières places. Nous devrons être concentrés à 100%.» Le groupe F sera d'une rare densité avec la Suède, l'Espagne, le Danemark, la Lettonie et l'Islande.

France et Italie opposées

La France aura fort à faire avec l'Italie, qu'elle avait battue en finale de l'Euro 2000 sur un but en or de David Trezeguet. Mais les Bleus devront également se méfier de l'Ukraine d'Andryi Shevchenko, autre équipe qualifiée pour la prochaine Coupe du monde. Sur le chemin de la France se dressera aussi l'Ecosse, la Lituanie, la Géorgie et les Iles Féroé, que les partenaires de Zinedine Zidane avaient déjà écarté de la route au Mondial 2006. «C'est un très beau groupe, a déclaré le président de la Fédération française, Jean-Pierre Escalettes. Il y aura de belles affiches. Comme le sport de haut niveau est fait pour offrir de beaux spectacles, je suis content. Avec des France-Italie, France-Ukraine ou France-Ecosse, les spectateurs seront servis.» «Je suis heureux de jouer contre l'Italie», a pour sa part déclaré le sélectionneur français Raymond Domenech. «C'est une grosse équipe. Je voulais jouer contre l'Italie.» Mais «il faut maintenant oublier tout cela et se concentrer sur la Coupe du monde.» a ensuite coupé Jean-Pierre Escalettes.

Les Pays-Bas auront probablement la vie moins dure dans le groupe G avec la Roumanie, la Bulgarie et la Slovénie. Le groupe A sera très peuplé (le seul avec huit équipes), avec le Portugal et la Pologne favoris et la Serbie-Montenegro et la Belgique comme outsiders.

Un autre groupe intéressant sera le E, dans lequel l'Angleterre devra se débarrasser de la Croatie ou de la Russie. Dans ce groupe, Israël pourra jouer les perturbateurs, comme lors des récents éliminatoires du Mondial, durant lesquels les Israéliens avaient fait match nul deux fois contre la France, l'Eire et... la Suisse. En tant que pays organisateurs, la Suisse et l'Autriche sont directement qualifiés. Les matches éliminatoires débuteront le 2 septembre. /si-ap

Tirage au sort de l?Euro 2008 effectué à Montreux

Groupe A Portugal, Pologne, Serbie et Monténégro, Belgique, Finlande, Arménie, Kazakhstan, Azerbaïdjan. Groupe B France, Italie, Ukraine, Ecosse, Lituanie, Géorgie, Iles Féroé. Groupe C Grèce, Turquie, Norvège, Bosnie-Herzégovine, Hongrie, Moldavie, Malte. Groupe D République tchèque, Allemagne, Slovaquie, Eire, Pays de Galles, Chypre, Saint-Marin. Groupe E Angleterre, Croatie, Russie, Israël, Estonie, Macédoine, Andorre. Groupe F Suède, Espagne, Danemark, Lettonie, Islande, Irlande du Nord, Liechtenstein. Groupe G Pays-Bas, Roumanie, Bulgarie, Slovénie, Albanie, Biélorussie, Luxembourg. /si

Berne accorde un coup de pouce aux villes

Le conseiller d?Etat genevois Mark Müller, ainsi que des représentants des autorités bâloises, zurichoises et bernoises ont pris leur bâton de pèlerin jeudi pour plaider leur cause devant la commission de la science, de l?éducation et de la culture du Conseil national.

L'enjeu: un coup de pouce supplémentaire de la Confédération pour assurer la sécurité de l'Eurofoot 2008. Bien leur en a pris puisque la commission a décidé hier par 16 voix contre 6 d'alléger leur facture de 10,5 millions de francs. Le but est notamment d'éviter le risque de référendums financiers qui affaibliraient la position de la Suisse.

Jusqu'à 17 millions, si

Peut-être auraient-ils obtenu les 17 millions qu'ils réclamaient s'ils avaient mieux préparé leur dossier. La commission a déploré l'imprécision des données fournies par les quatre villes hôtes concernant les projets en marge des matches. Cette légèreté est symptomatique de ce dossier.

Rappelons qu'en 2002, les coûts de l'Euro 2008 avaient été estimés à 10 millions de francs par le Conseil fédéral, dont 3,5 millions à la charge de la Confédération.

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Aujourd'hui, il faut multiplier ces chiffres par 18. Les coûts totaux sont évalués à 182 millions de francs, dont 82 à la charge de la Confédération selon la nouvelle clé de répartition décidée par la commission du Conseil national. Les cantons et les villes hôtes assumeront le solde.

Spécialiste des questions de sécurité intérieure et fan de sport, le conseiller national Didier Burkhalter (PRD/NE) déclarait hier au «Temps» qu'il ne comprenait pas comment le Conseil fédéral avait pu se tromper à ce point.

Une douce euphorie

Réponse du Genevois Luc Barthassat (PDC), membre de la commission: «Dans l'euphorie de l'attribution de l'Euro 2008 à la Suisse et à l'Autriche, on a minimisé les coûts, en particulier dans le domaine de la sécurité. Aujourd'hui, les analyses sont devenues plus réalistes. Les charges sont élevées mais il ne faut pas oublier les retombées économiques. Beaucoup d'autres villes nous envient la chance que nous avons d'accueillir ces matches».

Les 10,5 millions alloués aux villes leur permettront de prendre les mesures nécessaires pour assurer la sécurité. Luc Barthassat s'attend à 3 ou 4 matches à risques et 5 ou 6 présentant un risque moyen.

«Le Mondial 2006 devrait être riche d'enseignement. Il nous montrera à quoi nous attendre». Faute d'alternative, la commission a approuvé sans aucune opposition le message remanié par le Conseil fédéral. «Nous espérons que c'est la dernière fois que nous aurons à le faire», soupire la présidente Kathy Riklin (PDC/ZH). Personne n'aimerait revivre le cauchemar des rallonges de crédits d'Expo 02. Pour éviter ce risque, la commission réclame un topo tous les six mois. Par contre, elle renonce à tenter de contraindre l'UEFA à contribuer aux coûts de la sécurité. Kathy Riklin ne croit pas qu'une telle démarche puisse être couronnée de succès. /CIM

900 policiers par match

Les responsables suisses de l?Euro 2008 n?ont pas lésiné en terme de sécurité. Jusqu?à 900 policiers par match seront en service du 7 au 29 juin 2008. La Suisse, qui co-organisera l?événement avec l?Autriche, se passera de l?aide étrangère. «Il semblerait que nous disposions de suffisamment de forces de polices pour garantir la sécurité», a indiqué hier Martin Jäggi, chef du secteur «sécurité» pour l?Euro 2008. Il compte sur 900 policiers pour les rencontres présentant la plus grande menace. Quelque 450 policiers seront déployés pour les matches «peu risqués». Quinze des 31 rencontres se disputeront en Suisse, à Genève, Berne, Bâle et Zurich. /si