Les pays musulmans fustigent le film de Wilders

30 mars 2008, 12:00

Plusieurs pays musulmans ont condamné hier la diffusion sur internet du film du député d'extrême droite néerlandais Geert Wilders. De leur côté, des responsables de la communauté musulmane aux Pays-Bas ont appelé au calme. Le film «Fitna» (en arabe: discorde, division et conflit au sein de l'islam), un court-métrage amalgamant islam et violence, a été mise en ligne jeudi soir sur le site du parti de Wilders, le Parti de la liberté. Il a déjà été vu par plusieurs millions de personnes.

L'Iran a dénoncé le caractère «haineux» du film et a demandé aux gouvernements européens de s'opposer à sa diffusion. L'Indonésie, ancienne colonie néerlandaise, a également dénoncé ce film «aux relents racistes, insultant pour l'islam, sous le couvert de la liberté d'expression». Le Ministère des affaires étrangères a invité les Indonésiens à ne pas répondre à la provocation.

Alors que son film suscite l'indignation des pays musulmans, Geert Wilders a rejeté hier toute responsabilité en cas de représailles contre les Pays-Bas. «J'espère que cela n'arrivera pas, mais même si cela arrive les responsables seront ceux qui auront commis ces actes, pas moi», a-t-il affirmé. De leur côté, des responsables de la communauté musulmane aux Pays-Bas ont lancé hier des appels au calme. Le président de Conseil national des Marocains, Mohamed Rabbae a incité la communauté musulmane internationale à «ne pas réagir par des attaques contre des ambassades ou des touristes néerlandais». «Causer du tort aux Pays-Bas, c'est nous causer du tort. Nous demandons aux mosquées de conseiller le calme», malgré «l'offense (que constitue) le lien entre la violence et l'islam», a-t-il ajouté.

Fitna: le documentaire anti-islam d'un député néerlandais d'extrême-droite - L'Express et L'Impartial
Fitna: le documentaire anti-islam d'un député néerlandais d'extrême-droite - L'Express et L'Impartial

Aux Pays-Bas, aucun incident n'a été signalé par les autorités, qui redoutaient que le film ne provoque des troubles similaires à ceux qui avaient suivi l'assassinat en 2004 du cinéaste Theo van Gogh par un islamiste. Le premier ministre Jan Peter Balkenende s'est félicité de l'attitude des musulmans néerlandais et du calme régnant pour l'instant, tout en appelant à «rester en alerte sur le long terme». Jan Peter Balkenende avait estimé publiquement que «le film amalgame islam et violence», et «rejeté cette interprétation».

La présidence slovène de l'Union européenne a approuvé l'attitude du gouvernement de La Haye et estimé que le film de Wilders n'était qu'«une incitation à la haine». /ats-afp-reuters