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Les négociations entre Serbes et Kosovars échouent

Les négociations de la dernière chance sur le statut du Kosovo ont échoué hier à Baden, en Autriche. Les Kosovars albanais ont annoncé dans la foulée la prochaine déclaration d'indépendance de cette province de la Serbie. «J'ai le regret de dire qu'il n'y a pas eu d'accord avec la Serbie», a déclaré le président kosovar, Fatmir Sejdiu, à l'issue de la dernière séance d'entretiens entre Serbes et Kosovars sous l'égide d'une troïka de médiateurs de l'ONU.

29 nov. 2007, 12:00

«L'indépendance du Kosovo est le début et la fin du processus pour le peuple du Kosovo», a-t-il réaffirmé, comme le font les dirigeants de Pristina depuis la reprise des négociations, fin août, sous la houlette de la troïka. La proclamation unilatérale d'indépendance de cette province du sud de la Serbie, peuplée à plus de 90% d'Albanais et sous administration de l'ONU depuis 1999, se fera «très rapidement», selon le président.

Il a toutefois promis de ne prendre aucune décision sans l'accord de la communauté internationale, des Etats-Unis et de l'Union européenne (UE). Des observateurs ont estimé ces jours que cette proclamation ne devrait pas intervenir avant 2008.

Washington a fait savoir qu'il reconnaîtrait un Kosovo indépendant et devrait être suivi par la plupart des 27 pays de l'UE, selon un responsable slovène, pays qui assurera la présidence de l'UE à partir du 1er janvier.

A l'inverse, le président serbe, Boris Tadic, a accusé les Kosovars d'avoir rejeté l'ultime proposition de compromis présentée à Baden et prévoyant une large autonomie du Kosovo, mais au sein des frontières de la Serbie.

Les 17 000 militaires (dont environ 200 Suisses) de la Kfor, la force de l'Otan déployée au Kosovo, sont prêts à faire face à toute flambée de violence, en cas d'indépendance déclarée unilatéralement, à condition d'avoir toujours un mandat de l'ONU, a précisé le commandant en chef des forces alliées en Europe, le général américain John Craddock. «On ne prévoit pas de violence dans l'immédiat mais nous entrons dans une période très difficile», a déclaré hier l'émissaire américain Frank Wisner, en notant que des «tensions évidentes existent».

Les représentants de Belgrade ont annoncé qu'ils feraient usage de «tous les moyens légaux et diplomatiques» pour empêcher une proclamation unilatérale d'indépendance. Belgrade évoque également des mesures d'obstruction et des embargos, voire la possibilité d'une sécession de la minorité serbe du Kosovo. Selon le président Tadic, la résolution 1244 du Conseil de sécurité de l'ONU, adoptée en 1999 et qui stipule l'intégrité territoriale de la Serbie et sa souveraineté sur le Kosovo, est toujours valable. Se basant sur ce texte, le président serbe a averti qu'il «annulera toute décision des autorités kosovares qui conduirait à l'indépendance du Kosovo».

La troïka de médiateurs doit rendre son rapport le 10 décembre au secrétaire général Ban Ki-moon. Avant cela, elle se rendra une dernière fois à Belgrade et Pristina lundi prochain. Un débat est ensuite prévu au Conseil de sécurité le 19 décembre.

Les chances d'adoption d'une nouvelle résolution au Conseil de sécurité sont minces. La Russie, alliée des Serbes et disposant d'un droit de veto, refusera toute solution qui ne serait pas acceptée par les deux parties. Moscou réclame un nouveau délai de négociation.

Les pays occidentaux, eux, estiment que la recherche d'un compromis est dépassée et que l'indépendance sous supervision de l'UE est la seule solution viable. La Suisse s'est également prononcée en faveur d'une indépendance du Kosovo. /ats-afp-reuters

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