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Les législatives britanniques indécises comme jamais

Le premier ministre britannique Gordon Brown a annoncé hier la tenue des législatives le 6 mai. Ces élections s'annoncent comme les plus disputées depuis près de vingt ans du fait d'une lutte au coude-à-coude avec les conservateurs, relégués dans l'opposition depuis treize ans.

07 avr. 2010, 12:12

«La reine a accepté de dissoudre le Parlement et des élections législatives auront lieu le 6 mai», a déclaré Gordon Brown. Dans son bref discours, le chef du gouvernement a une nouvelle fois placé l'économie au cœur de la campagne.

«La Grande-Bretagne est sur le chemin de la relance et rien de ce que nous faisons ne devrait la menacer», a-t-il déclaré, soulignant sa gestion de la crise économique, louée par plusieurs capitales étrangères.

«Prenez les bonnes décisions, comme nous l'avons fait ces 18 derniers mois depuis le début de la récession mondiale, et les emplois, la prospérité et un meilleur niveau de vie en découleront», a-t-il dit à l'adresse des électeurs. «Prenez les mauvaises décisions et les vies de centaines de milliers de personnes en seront affectées», a-t-il poursuivi.

Le Royaume-Uni n'est sorti de la récession qu'à la fin de l'année dernière, soit longtemps après les autres grands pays développés, et la relance reste fragile, menacée par l'ampleur des déficits publics. Peu auparavant, le chef de file de l'opposition conservatrice, David Cameron, a promis un «nouveau départ», après treize ans de règne du Labour, dont dix sous Tony Blair.

Modernisateur d'un parti longtemps considéré comme trop dur avec les moins nantis, notamment sous le règne de la Dame de fer Margaret Thatcher, David Cameron a relevé qu'il s'agissait des «plus importantes élections depuis une génération».

Jamais depuis 1992, des législatives n'ont été aussi disputées. Donnés largement favoris par les sondages, les conservateurs de David Cameron ont compté jusqu'à plus de vingt points d'avance avant de voir leur avantage se réduire ces derniers mois comme peau de chagrin, pour tomber parfois sous les cinq points.

Les trois derniers sondages en date, publiés hier, viennent encore brouiller les cartes. Deux d'entre eux donnent aux conservateurs une avance de dix points sur le Labour mais un troisième ne leur confère que quatre points d'avance, soit 37% des intentions de vote contre 33%.

Une avance aussi ténue déboucherait sur un Parlement dit «suspendu», c'est-à-dire sans majorité absolue, et pourrait transformer en «faiseur de roi» le troisième parti du pays, les libéraux-démocrates (centre-gauche).

Son chef de file, Nick Clegg, a renvoyé hier dos à dos conservateurs et travaillistes: «Le moment est venu pour ceux qui veulent le vrai changement de choisir quelque chose de différent», a-t-il dit. Pour la première fois dans l'histoire du pays, Gordon Brown, David Cameron et Nick Clegg seront prochainement opposés dans des débats télévisés diffusés en direct.

Résolu à empêcher le Labour de remporter une quatrième victoire législative consécutive, qui serait historique, le chef de file tory, David Cameron, met en avant son dynamisme et sa jeunesse. A 43 ans, il serait l'un des plus jeunes premiers ministres britanniques, une fraîcheur qu'il compte opposer au taciturne Gordon Brown, 59 ans.

Le scrutin sera par ailleurs l'occasion d'un formidable renouvellement du Parlement, avec environ un quart des députés qui ne se représentent pas. Le changement permettra de tourner enfin la page sur un scandale retentissant d'abus de notes de frais, qui a éclaboussé tous les partis.

Le Labour détient actuellement 345 sièges, soit une majorité de 56 députés, contre 193 aux conservateurs, sur un total de 650. /ats-afp-reuters

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