Les jihadistes de l'EI progresse encore malgré les raids de la coalition internationale

Les raids de la coalition internationale n'ont pas empêché les jihadistes de l'EI de s'approcher encore de la ville kurde syrienne de Kobané jeudi. La Turquie s'apprête à autoriser une intervention militaire contre le groupement radical.

02 oct. 2014, 12:10
Malgré les frappes de la coalition internationale, l'EI progresse encore vers la ville de Kobané.

Les jihadistes de l'Etat islamique (EI) ont encore avancé jeudi vers la ville kurde syrienne de Kobané malgré les raids de la coalition internationale. Pendant ce temps, le Parlement turc s'apprêtait à autoriser une intervention militaire contre ce groupe ultraradical en Syrie comme en Irak.

Les combattants kurdes qui défendent cette ville clé à la frontière turque sont prêts à des "batailles de rue" en cas d'entrée des jihadistes à Kobané (nom kurde de la cité d'Aïn al-Arab), a indiqué l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

L'ONG a en outre dit craindre des représailles de l'EI contre les milliers de civils restés à Kobané si ce groupe connu pour ses atrocités parvient à briser les lignes de front défendues par les Unités de protection du peuple (YPG, principale milice kurde) autour de la ville.

Les jihadistes ne sont qu'à environ 2 km de la ville assiégée, selon Rami Abdel Rahmane, directeur de l'OSDH qui s'appuie sur un large réseau d'informateurs et de militants. "Il y a de véritables craintes que l'EI puisse parvenir très bientôt à Kobané et des doutes sur la capacité des combattants kurdes à résister".

M. Abdel Rahmane faisait état de nouvelles frappes de la coalition dans la nuit sur l'EI aux environs de la troisième ville kurde de Syrie. Les frappes de la veille n'avaient pas non plus réussi à empêcher l'EI d'avancer vers Kobané. La prise de cette ville permettrait à ce groupe de contrôler sans discontinuité une longue bande de territoire le long de la frontière turque.

Intervention turque probable
Face à la menace grandissante de l'EI à la frontière de la Turquie, le Parlement turc a entamé jeudi le débat sur une participation de l'armée à la coalition anti-jihadistes dirigée par les Etats-Unis. La motion, déposée par le gouvernement, devrait être largement approuvé.

Le texte prévoit la possibilité de conduire des opérations en Irak et en Syrie, ainsi que le stationnement ou le passage en Turquie de soldats étrangers qui y prendraient part. Mais le président turc Recep Tayyip Erdogan a estimé que les frappes aériennes ne suffiraient pas pour venir à bout du groupe jihadiste.

Avertissement d'Öcalan
Quant au chef kurde en Turquie, Abdullah Öcalan, il a averti que la chute de Kobané aux mains l'EI ferait échouer le processus de paix engagé entre son mouvement et Ankara. Il a une nouvelle fois exhorté les Kurdes à combattre l'EI "afin que le processus et le voyage de la démocratie n'échouent pas en Turquie".

"Le siège de Kobané est bien plus qu'un siège ordinaire (...). Si cette tentative de massacre réussit, elle aura pour conséquence de mettre un terme au processus" de paix, a déclaré le chef historique des rebelles du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), cité par l'agence de presse kurde Firat News.

Son message a été transmis par une délégation de membres du Parti démocratique populaire (HDP) qui lui a rendu visite mercredi dans son île-prison d'Imrali.

Plusieurs fronts en Irak
En Irak voisin, les forces kurdes, appuyées par les raids américains et britanniques, continuaient de combattre les jihadistes sur plusieurs fronts, au nord et à l'ouest de Bagdad après avoir pris la localité de Rabia à la frontière syrienne. Selon des responsables kurdes, des militaires iraniens ont pris part aussi au combat contre l'EI en Irak.